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Sand to Green, l'expert des solutions pour faciliter l'agriculture régénératrice

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Vues du premier pilote de Sand to Green au Maroc, avec le terrain avant (à gauche) et après (à droite) ses recommandations. Crédits : © Sand to Green

Sand to Green modélise des systèmes agroforestiers sur mesure à partir de données environnementales et propose des solutions complètes pour construire, suivre et rentabiliser des projets agroécologiques à grande échelle. La société prévoir le lancement d'un second tour de table.

La startup Sand to Green vient de remporter le Prix DTS 2025 dans la catégorie Green Economy, lors du Deep Tech Summit. Organisé par l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), cet événement se tenait pour la 2ème année consécutive à Benguerir au Maroc. Une reconnaissance internationale qui marque un tournant pour cette start-up co fondée en 2022 par Wissal Ben Moussa, Gautier Burot de Carcouet, Benjamin Rombaut. Sand to Green modélise des systèmes agroforestiers sur mesure à partir de données environnementales (sol, climat, topographie), et propose des solutions complètes pour construire, suivre et rentabiliser des projets agroécologiques à grande échelle. Des projets qui se font en codéveloppement avec les acteurs locaux : communautés rurales, agriculteurs et institutions. « Il n’existe pas d’outil aujourd’hui sur le marché pour faciliter la transition d’une agriculture conventionnelle et intensive vers une agriculture régénératrice, souligne Benjamin Rombaut, CEO de Sand to Green. Un constat qui nous a donné l’idée d’outiller cette agriculture régénérative avec une solution technologique ». 

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Avant de la développer, les cofondateurs de Sand to Green ont testé leur solution sur le terrain, avec un premier pilote à Guelmim, au Maroc, sur un sol aride, dégradé et sans biodiversité. « Nous avons commencé par des milieux arides et dégradés parce qu’il est plus facile de modéliser des projets dans un environnement très pauvre en variables. Mais notre objectif à terme est d’être capable d’avoir des modèles spécifiques à chaque environnement et pas seulement des terres arides. Notre objectif est de nous développer sur d’autres milieux plus tempérés pour enrichir les modèles que nous allons développer », indique Benjamin Rombaut.

Des recommandations modélisées

La start-up, qui a dans un premier temps vendu son savoir-faire en qualité de consultant pour faciliter la transition agricole des exploitants, a parallèlement développé sa plateforme technologique. Celle-ci s’articule autour de trois grandes briques, l’analyse environnementale, l’automatisation de la recommandation et le monitoring. La première brique permet de récolter toute une série de données du terrain indispensables pour la mise en place de la deuxième étape de recommandation. Et une fois les projets mis en place, la société récupère une partie des données sur le terrain, telles que la croissance des arbres, le développement de la biomasse, l’hydro rétention. Cette partie monitoring constitue la dernière brique de la plateforme technologique de Sand to Green. « Ces indicateurs nous permettent d’améliorer nos modèles et aussi à terme d’automatiser la certification carbone, un point clé sur lequel nous aimerions arriver d’ici 1 à 2 ans, précise le CEO. 

Sand to Green ne travaille pas directement avec les fermiers, « notre expertise repose plutôt sur l’intelligence agronomique pour promouvoir l’agriculture régénérative. Nous vendons l’accès à son outil technologique à des intermédiaires sur le terrain, cabinets agronomiques et ONG notamment, qui ont la possibilité d’analyser les sites et de les modéliser à travers les recommandations de la plateforme en accédant aux outils d’analyses pour comparer avec des bases de données et trouver les meilleures solutions pour tel ou tel terrain. Nous travaillons avec pas plusieurs instituts, comme le Cirad, Inrae… ce qui nous permet d’embarquer la science sur notre plateforme et de mettre la connaissance au service des agronomes, indique encore le cofondateur.

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Une levée de fonds à venir

Depuis sa création, Sand to Green a réalisé plus d’une quinzaine de projets au total, au Maroc, en Mauritanie, en Namibie, en Tunisie et en Espagne, principalement en tant que consultant. Grâce à sa plateforme digitale, les analyses et les recommandations ne connaissant pas les frontières et peuvent être réalisées à travers le monde. Un deuxième pilote est en cours à Tantan, toujours au Maroc.

Après une première levée de fonds de plus d’1 million de dollars en 2023 auprès de business angels et de fonds d'investissements (Catalyst Fund et Katapult Africa), la start-up prévoit un deuxième tour de table d’ici la fin de l’année pour passer un cap et accélérer sa croissance. « Nous n’avons pas encore défini le montant de cette levée de fonds, mais l’idée est d’outiller un maximum d’acteurs à travers le monde de manière rapide et donc de faire grossir notre base de données, pour être certains que chaque nouveau projet basé sur la nature, qu’il soit purement carbone, agricole ou biodiversité, puisse réussir en ayant les meilleurs outils d’aide à la décision », termine le CEO.