Abonné

Sans alcool : Après le vin, le Petit Béret vise la bière et les spiritueux

- - 6 min

La start-up de l’Hérault Le Petit Béret vient de lever 1,5 million d’euros auprès de ses investisseurs historiques, dont InVivo fait partie. Créée et pilotée par Fathi Benni et Dominique Laporte, sommelier, la jeune entreprise s’appuie sur une technologie exclusive permettant de mettre au point des boissons à partir de raisin sans aucun alcool, sans conservateurs, très peu caloriques et biologiques. Des bières sans alcool ont été lancées en 2020, sur un marché déjà très avancé et animé par les géants mondiaux de la brasserie. Elles seront suivies par des spiritueux sans alcool prévus pour arriver sur le marché en mars, après le dépôt d’un nouveau brevet mis au point par Le Petit Béret. La marque bénéficie d'un contexte favorable à la réduction de la consommation d'alcool, notamment en ce début d'année marqué par l'opération Dry January.

Un million et demi d’euros, c’est le montant que vient de lever Le Petit Béret, cette start-up née d’une technologie exclusive de production de vin sans alcool. « Nous venons de lever 1,5 million d’euros auprès de nos actionnaires historiques, dont l’union de coopérative InVivo qui nous accompagne depuis 2017 comme actionnaire minoritaire », déclare Fathi Benni, p.-d.g. du Petit Béret, entreprise fondée en 2012 avec le sommelier meilleur ouvrier de France, Dominique Laporte.

Ce nouvel apport de liquidités, sous forme de capital et de prêt, notamment de Bpifrance, va permettre de donner plus d’ampleur au développement de la société. Celle-ci connaît une croissance soutenue depuis ces dernières années et le lancement commercial de la marque. En 2020, la société a connu une hausse de son chiffre d’affaires de 50 % à 2,25 millions d’euros, avec un million de bouteilles vendues. Les vins tranquilles, les premiers lancés par la marque, ont représenté la moitié des ventes en volume, tandis que les vins pétillants représentent 30 %, et les bières 20 %. Environ 35 % des ventes se font dans la grande distribution française, 34 % à l’international, 15 % en e-commerce et le solde en cafés, hôtels et restaurants. « Le CHR a très bien fonctionné cette année en dépit de la fermeture des restaurants, car nos produits se sont bien adaptés à la vente à emporter qui s’est beaucoup développée », explique Fathi Benni.

Les projets ne manquent pas à Fathi Benni pour cette nouvelle année. Le temps fort sera sans doute en mars, avec le lancement des premiers spiritueux à la marque Le Petit Béret. Ce segment démarre tout juste avec encore très peu d’acteurs. « Nous sommes en train de finaliser une nouvelle technologie qui nous permet d’obtenir des liqueurs de fruits et des distillats de rhum, de gin et de whisky sans alcool », explique Fathi Benni. Cette technologie exclusive fera l’objet d’un brevet à déposer par Le Petit Béret. « Un des enjeux clés des spiritueux sans alcool est la sécurité sanitaire des produits qui doivent rester stables et se conserver y compris lorsque le flacon est ouvert », poursuit-il. La marque s’oblige à ne pas utiliser de conservateurs au profit de process alternatifs efficaces.

C’est la même volonté qui a guidé la démarche du Petit Béret pour la mise au point des vins tranquilles et pétillants, les premiers à être produits en 2016. « Notre procédé exclusif, protégé par un brevet, permet d’obtenir des boissons biologiques sans alcool, sans métaux lourds, sans résidus de pesticides et beaucoup moins sucrés que la concurrence avec environ 1,2 gramme de sucre par verre contre 15 grammes », détaille Fathi Benni, ingénieur agroalimentaire et ancien de Mondelez, qui souligne avoir investi 2 millions d’euros et consacré trois ans de travail pour mettre au point cette technologie. Autre différence, l’absence de résidu d’alcool : les boissons sont garanties avec 0,0 % d’alcool, alors que des produits dits « sans alcool » peuvent en comporter une faible dose. La conservation et la stabilité des boissons sont obtenues grâce à un traitement (notamment thermique), sans ajout de conservateurs.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

vin sans alcool
Suivi
Suivre
spiritueux
Suivi
Suivre

Un contexte favorable

Une conjonction de facteurs est à l’origine de l’essor du Petit Béret. Il y a d’abord un marché porteur pour les produits sans alcool. « Les consommateurs dans le monde entier prennent conscience que la préservation de leur santé passe par une réduction de la consommation d’alcool, et recherchent donc des alternatives qui leur permettent de combiner le plaisir, le goût et la convivialité », analyse Fathi Benni. La marque s’est choisie pour slogan L’ivresse du partage afin de mettre l’accent sur cette dimension. Autre facteur favorable : l’émergence des produits biologiques, alors que les concurrents sont davantage positionnés sur des produits conventionnels. Et la recherche des consommateurs pour des produits débarrassés des conservateurs. Enfin, Fathi Benni souligne le manque d’innovation technologique du secteur viticole, ce qui a finalement représenté une opportunité pour lui et le process qu’il a mis au point.

Selon la marque, deux typologies de consommateurs apparaissent clairement : les jeunes sensibles aux enjeux de convivialité et d’environnement, et les seniors, qui s’attachent aux questions de santé (en lien avec des pathologies ou des traitements) mais qui ne veulent pas renoncer non plus à la convivialité et au plaisir. À l’export, le Petit Béret est surtout présent en Europe du Nord, en Amérique du Nord, en Asie et au Moyen-Orient. La marque ne se définit pas comme un produit ethnique et ne vise pas spécifiquement les consommateurs qui ne boiraient pas d’alcool pour des raisons religieuses, et ne dispose pas de certification halal pour ses produits.

Pour accompagner son développement, le Petit Béret a déjà levé 600 000 euros auprès d’InVivo, d’Angels for Food, du pôle de compétitivité Terralia et de Bpifrance en 2017. La récente levée de fonds de 1,5 million d’euros va permettre de donner plus de poids à son développement sur l’ensemble de ses canaux de distribution. Après les temps forts de vente que représente l’été, la fin d’année et les foires aux vins, la société compte bien profiter du Dry January, qui représente désormais 10 % de ses ventes. Preuve que l’opération consistant à ne pas boire d’alcool en janvier fait son chemin, même si le phénomène reste encore limité par rapport au Royaume-Uni où il est né.