Une grande majorité des ministres de l’Agriculture de l’UE ont demandé, le 19 octobre lors de leur réunion à Luxembourg, à la Commission européenne de reporter d’un an l’entrée en application de la nouvelle législation européenne sur la santé animale censée prendre effet le 21 avril 2021. Mais Stella Kyriakides, commissaire européenne à la Sûreté alimentaire, a repoussé cette demande, se disant convaincue que les six mois qui restent avant l’entrée en vigueur de la nouvelle législation sont suffisants pour finaliser la nouvelle réglementation. « Un report retarderait tout un paquet de mesures qui sont demandées par les acteurs du secteur », a-t-elle justifié.
Une déclaration commune signée par douze États membres (l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, la République tchèque, la France, l’Italie, la Lettonie, le Luxembourg, Malte, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie et l’Espagne) auxquels se sont joints Chypre, les Pays-Bas, l’Irlande, la Suède ou encore la Slovénie, souligne qu’un délai de deux ans entre l’adoption des principaux actes délégués et d’exécution et leur mise en œuvre avaient été prévu, or « plusieurs de ces "actes clés" n’ont pas été adoptés en temps voulu et le délai prévu pour que les États membres s’adaptent dûment aux nouvelles règles n’est pas viable et suscite des inquiétudes ». En plus de ces délais réduits, les États membres ont connu des difficultés causées par la crise sanitaire de Covid-19.
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Ils prennent pour exemple la révision des certificats sanitaires pour les mouvements d’animaux vivants au sein de l’Union européenne et pour l’entrée dans l’UE : « Plus de 800 pages de ces certificats sont censées être adoptées par la Commission européenne et les États membres sans examen, ni consultation ou contribution techniques ». Il peut en résulter une situation risquée tant pour le marché intérieur que pour la santé animale au sein de l’UE, préviennent les signataires de la déclaration. Les délégations ont donc réitéré, en vain pour l’instant, les préoccupations déjà exprimées dans une lettre adressée à la Commission européenne au mois de juin par les chefs des services vétérinaires de vingt-cinq États membres.