Après les propos de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, le 7 février, sur le vin toxique même à dose modérée, « l’incident médiatique est clos, place au travail », a indiqué le président de la filière viticole Jérôme Despey le 26 février au Salon. La profession viticole est associée à la politique de prévention, tant à Paris qu’à Bruxelles, a-t-il développé.
« Après notre rencontre de 40 minutes avec le président de la République le samedi 24 au Pavillon des vins au Salon, nous allons travailler sur des axes qui permettent d’éviter la stigmatisation du vin dès le premier verre », a relaté Jérôme Despey, qui s’exprimait en tant que président du conseil spécialisé « vin » de FranceAgriMer. Le chef de l’État, qui s’est dit lui-même amateur d’un verre de vin de temps en temps, a clairement dit aux professionnels que la politique de santé concernant le vin consiste à lutter contre les excès, et non contre la consommation de vin en elle-même. La filière rencontrera les ministères de l’Agriculture et de la Santé le mardi 6 mars pour définir les axes de travail sur la consommation responsable de vin, a-t-il annoncé.
Parallèlement, à Bruxelles, les filières du vin, des spiritueux, du cidre et de la bière terminent leurs propositions, demandées il y a un an par la Commission, sur l’étiquetage nutritionnel des boissons alcoolisées, a indiqué par ailleurs Jean-Marie Barillère, président du Cniv (Comité des interprofessions viticoles). L’exécutif bruxellois avait en effet sollicité les filières de boissons alcoolisées pour qu’elles fassent des propositions d’étiquetage nutritionnel. Tous les autres produits alimentaires sont soumis à une règle de faire figurer la composition nutritionnelle. Les représentants de la viticulture mettent en garde la Commission sur le risque d’inefficacité de l’étiquetage nutritionnel des vins, qui sont par définition variables d’un millésime à l’autre, et appellent à une souplesse du dispositif. Plutôt que de faire figurer une composition précise et exhaustive, l'idée est que l’étiquette renvoie au site du producteur. C’est une des hypothèses à l’étude. « Le consommateur veut plus d’information sur ce qu’il mange et ce qu’il boit, c’est humain, à nous de lui indiquer », a résumé Jean-Marie Barillère. Les propositions des filières des boissons alcoolisées sont quasiment prêtes. « Nous en sommes aux virgules ». Le texte sera remis à la Commission avant la mi-mars.
Irrigation : « Arrêtons de dire que les retenues collinaires sont un gros mot »
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La viticulture perd du potentiel de production du fait de maladies comme celles du dépérissement des ceps de vigne, mais aussi du fait du changement climatique qui se manifeste par des épisodes de sécheresse dans le sud de la France. « Je sensibilise le ministère de l’Agriculture sur les besoins en eau de notre vignoble. Il ne s’agit pas de pousser les rendements en vin par l’irrigation, mais d’assurer suffisamment d’eau pour que les grains de raisin soient propres à la vinification. Arrêtons de dire que les retenues collinaires sont un gros mot », a lancé Jérôme Despey.
Tant les viticulteurs que les services de l’État ont sous-estimé la sécheresse de l’été 2017. Le printemps 2017 a été très sec, « mais comme l’hiver 2017 a été bien arrosé, on nous répondait '' il y a des réserves'' ». « J’ai commencé à irriguer mes vignes à la mi-juillet alors que j’aurais dû le faire en avril-mai, mais on nous répondait : '' Ce n’est pas grave, il pleuvra en août''. Or il n’a pas plu en août ni en septembre ». Pour le président du conseil viticole de FranceAgriMer, les professionnels et les services de l’État « doivent être précurseurs » et non pas laisser les viticulteurs subir le stress hydrique, en accompagnant davantage les vignerons.