Si personne chez Saupiquet ne souhaite commenter la nouvelle, il semblerait cependant que la filiale française de l’italien Bolton Group connaisse quelques difficultés. Face à une production de salades de thon, les « saladières », en forte baisse cette année, Saupiquet a dû annoncer une réduction des effectifs de son usine de Saint-Avé, où 67 salariés sur 157 seront licenciés. Les éventuelles difficultés que connaîtrait la société n’ont pas empêché Saupiquet d’affirmer sa présence prépondérante sur le marché français, sur lequel la marque détient 19,5 % de part de marché en grande distribution. L’Italie est également un marché clé, tant pour la marque Saupiquet, que pour Rio Mare, l’autre spécialiste des conserves de poisson au sein du groupe italien.
Sur les neuf usines de Bretagne et de Vendée que détenait l’entreprise d’Arsène Saupiquet en 1900, il n’en reste que deux un siècle plus tard. Et encore, l’usine de Saint Avé est en cure d’amaigrissement. Le site, spécialisé sur le conditionnement des « saladières » (mélanges légumes et thon) et des thons en sauce (thon sauce mayonnaise, thon à la Catalane…) doit licencier 67 salariés sur les 157 que compte l’usine du Morbihan actuellement. Selon Rolland Fablet, délégué CFDT, l’explication est claire : « La concurrence avec les MDD et le hard discount est très forte. La production de l’usine est en baisse depuis deux ans, mais elle est particulièrement sévère cette année. En mai-juin, les ventes ont baissé de 30 %, de 18 % en juillet, de 20 % en août. Nous sommes 157 aujourd’hui, mais nous n’aurions besoin que d’être 90, ce qui explique le nombre des licenciements». Sur les licenciements annoncés, 12 ne devraient être effectifs qu’en mai ou juin 2007. Il s’agit des personnes victimes du rapatriement du conditionnement des conserves de thon, en bout de ligne, sur les sites de fabrication de Thaïlande et d’Equateur, « où la main d’œuvre est quatre fois moins chère », a-t-on expliqué aux salariés. Sur les 67 salariés touchés, 21 seraient susceptibles d’être reclassés, non pas sur les autres sites, saturés, affirme le représentant syndical, mais à Saint-Avé avec des postes ouverts six mois de l’année, de février à juillet.
Une production franco-italienne pour des ventes qui s’internationalisent
Le plan social, qui devrait être annoncé le 21 septembre lors du prochain comité central d’établissement, n’est pas le premier du genre. En 2005, Saupiquet a fermé son siège social de Nantes, licenciant une cinquantaine de personnes, les autres ayant été pour partie reclassées au nouveau siège de Courbevoie. Quatre ans auparavant, c’est l’usine de rillettes de thon et de thon en sauce à Saint-Gilles-Croix-De-Vie qui fermait ses portes. Depuis le passage de la société, fondée par un natif du Cantal, sous giron italien – la compagnie Saupiquet est devenue en 2000 une filiale de Bolton Alimentari –, l’organisation a évolué. Les rillettes sont maintenant conditionnées en Italie, sur le site de Cermenate, près de Milan, de même que le thon à l’huile d’olive, un des produits phares sur le marché italien. L’usine de Quimper est spécialisée dans les sardines et les maquereaux. Les trois sites réunis produisent plus de 50 000 tonnes par an, tandis que 5 thoniers-senneurs, basés à Concarneau, pêchent 40 000 tonnes de thon.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Bien qu’en mouvement, cette organisation a permis à Saupiquet de conserver sa position de force sur le marché hexagonal. En 2005, l’entreprise détenait 19,5 % de part de marché en grande distribution en France, et plus de 50 % en RHF. Une partie de la production est également exportée vers l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Europe de l’Est ou le Vietnam. Si tout n’est pas rose aujourd’hui pour Saupiquet, le spécialiste français de la conserve de poisson a permis à Bolton Group de s’affirmer comme le numéro un incontesté du thon en Europe. Il est également leader du marché de la conserve de poisson en Italie et en Grèce, et bien implanté dans d’autres pays d’Europe et du Proche-Orient avec sa marque Rio Mare, qui commercialise des produits équivalents à ceux de la compagnie Saupiquet.