L’Union nationale des syndicats détaillants en fruits, légumes et primeurs (UNFD) devient « Saveurs commerce » : un nouveau nom pour mieux embrasser la diversité des acteurs que l’entité fédère. Sous sa nouvelle identité, l’organisation publie un livre vert de 17 propositions à destination des candidats aux élections à venir.
Depuis sa création, il y a 80 ans, l’Union nationale des syndicats détaillants en fruits, légumes et primeurs (UNFD) a fait du chemin. Son nouveau nom, « Saveurs commerce », annoncé le 28 mars, est le fruit de ces décennies d’évolution. En 2017, il était temps de faire « un toilettage » de l’organisation, selon les mots de Christel Teyssèdre, présidente de l’UNFD – désormais Saveurs commerce. Car en 80 ans, l’UNFD a élargi ses missions (défense des commerces alimentaires de proximité : primeurs, épiceries et magasins bio), ses services et de fait, le profil de ses adhérents. Synadis bio, le syndicat national des distributeurs spécialisés de produits biologiques, diététiques et compléments alimentaires, a notamment rejoint l’UNFD en 2011. Aujourd’hui, Saveurs commerce, qui représente « les spécialistes de l’alimentation de proximité », se donne pour mission de « mieux représenter, défendre et promouvoir » ces commerces.
Un secteur d’activité de 6 milliards d’euros
Saveurs commerce, composée de deux syndicats nationaux que sont l’UMAP (Union des métiers alimentaires de proximité) et Synadis Bio, rassemble plus de 14 000 entreprises (primeurs en magasins et sur les marchés, épiceries et magasins bio), représente un chiffre d’affaires de 6 milliards d’euros et draine 28 000 emplois. Forte de ces statistiques, Saveurs commerce, qui revendique le « rôle clé dans l’économie » des commerçants qu’elle représente, a décidé d’interpeller les candidats à l’élection présidentielle et ceux aux élections législatives. Dans cette optique, elle vient de publier un « livre vert » qui liste « 17 propositions pour un commerce alimentaire durable ».
Valoriser les spécificités de l’alimentation saine
Parmi les propositions du livre vert, Saveurs commerce demande de « favoriser l’accessibilité des fruits et légumes et produits bio » en leur appliquant un taux de TVA réduit, à 2,1 %, comme les médicaments. Moins chers, ils pourraient ainsi être consommés par tous les Français, même ceux aux revenus plus modestes. Saveurs commerce, estime que « la consommation de fruits et légumes ainsi que la consommation des produits biologiques sont des enjeux de santé publique et indirectement, des enjeux de maîtrise des dépenses publiques », qui justifient cet abaissement du taux de TVA.
Par ailleurs, l’organisation veut faire reconnaître la spécificité économique des magasins bio, et demande la création d’un code Naf (Nomenclature d’activités française) dédié, afin que ces commerces ne soient plus recensés aux côtés des chocolatiers ou épiceries fines comme c’est actuellement le cas.
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Encourager « une concurrence vertueuse »
Saveurs commerce déplore le caractère déloyal de la vente au déballage de fruits et légumes, souvent en provenance d’Espagne, « tout au long de l’année » et demande de renforcer « le régime actuel des ventes au déballage de fruits et légumes afin de préserver son caractère exceptionnel ».
Par ailleurs, Saveurs commerce souhaite mettre fin à l’autorisation, pour les magasins de producteurs, de vendre « des produits non issus du groupement de producteurs ».
Enfin, l’organisation revendique la possibilité d’accorder une dérogation aux petits commerçants alimentaires (moins de 400 m2) afin qu’ils puissent être sortis du dispositif de contractualisation obligatoire en fruits et légumes, car ils travaillent souvent « avec une multitude de petits producteurs locaux, jusqu’à une cinquantaine tout au long de l’année », argumente Saveurs commerce.
Saveurs commeporte également d’autres propositions en faveur des commerces alimentaires de proximité : en matière de fiscalité, développement territorial, organisation des commerces ou formation notamment.
Saveurs commerce veut interdire, pour les magasins de producteurs, la vente « des produits non issus du groupement de producteurs »