Volaille > Pour gagner des parts de marché sur l’importation, la Société bretonne de volaille (SBV), filiale à 100 % de LDC, se dote d’une nouvelle marque en direction de la restauration hors domicile : Poule et Toque.
Leader sur le marché de la volaille en restauration et en PAI, avec 70 % de ses volumes réalisés sur ces segments, SBV ambitionne de récupérer des parts de marché sur les importations de volaille avec sa nouvelle marque Poule et Toque. Encore 50 % des produits de volaille consommés en restauration en France sont importés et même jusqu’à 85 % en boulangerie-pâtisserie pour la confection des sandwichs et salades.
« La volaille est la seconde viande la plus consommée en restauration hors domicile », indique Anne-Lise Clavel, responsable marketing de SBV. « 31 % des achats concernent la volaille et le canard, segment pour lequel nous constatons 5 % de croissance depuis 2016. » Une tendance de fond qui s’affirme depuis vingt ans. En effet, les Français consomment aujourd’hui 5 kg de volaille par an et par personne, alors que le bœuf est en nette baisse. Pourtant, alors même que 94 % des Français souhaitent de la volaille française en restauration, cet approvisionnement est loin d’être suffisant. « Nous avons l’opportunité de prendre une place sur un marché qui souhaite valoriser de plus en plus les produits français », rappelle Roland Tonarelli, directeur général de SBV. L’origine France reste le second critère d’achat des professionnels et des restaurateurs après le prix.
270 M € d’investissement en cinq ans
Aujourd’hui, SBV produit chaque semaine 2,1 millions de poulet, 102 000 dindes et 258 000 canards. Avec le rachat de l’usine Doux de Châteaulin et ses onze autres sites bretons et vendéen, SBV devrait augmenter de 40 % ses capacités de production pour atteindre 3 millions de poulets par semaine. C’est encore loin des 7 millions qui sont importés chaque semaine, majoritairement de Pologne. « Nous avons déjà investi 150 M€ depuis 2015 et allons encore investir 120 M€ d’ici à 2020 dans la modernisation de nos sites et l’augmentation des capacités de production », indique Roland Tonarelli. Cela concerne notamment l’investissement de 55 M€ prévu à Châteaulin pour la nouvelle usine ainsi que 4,4 M€ pour la création d’une plateforme de 4 000 m2 dédiée aux produits frais à Ploërmel, où se trouve déjà une plateforme de produits surgelés, qui sera opérationnelle en mars 2019. L’investissement à Châteaulin permettra de produire 400 000 poulets par semaine dès l’ouverture et de monter à 800 000 poulets par semaine en 2020. « Le groupe SBV est en pleine capacité de production à l’heure actuelle, voilà pourquoi il est nécessaire pour nous d’investir pour augmenter nos capacités de production afin de reconquérir le marché de l’importation », précise Roland Tonarelli. Marché de l’importation qui passe par l’intermédiaire des professionnels de la restauration, commerciale, collective, chaînes et sandwicheries.
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500 références Poule et Toque
Poulets labellisés, noirs, certifiés, découpés, canard, dinde, produits élaborés, charcuterie, panés, confits, émincés cuits rôtis… Prêt à cuisiner, prêt à réchauffer ou prêt à servir : les produits de la nouvelle marque Poule et Toque lancée par SBV sont au nombre de 500 références (calibrages et emballages différents compris) en direction de l’ensemble des clients de la RHD. SBV en profite pour restructurer sa force de vente par métiers. Cinquante personnes sur le terrain sont désormais consacrées aux marchés des grossistes, des enseignes de la restauration, des PAI cuit, des PAI cru et de l’export. « Il s’agit d’avoir en face un seul interlocuteur pour commander l’ensemble des produits de notre catalogue », indique Roland Tonarelli. SBV réalise aujourd’hui 730 M€ de chiffre d’affaires et emploie 3 600 salariés sur douze sites de production (onze en Bretagne et un en Vendée).
650 emplois à pourvoir
Avec 150 emplois à pourvoir dès aujourd’hui sur les sites du Morbihan de SBV, le volailler annonce déjà 400 recrutements à venir à Châteaulin dans les deux années qui viennent. Un recrutement qui s’annonce déjà difficile. « Nous avons de grandes difficultés à recruter sur Vannes et Pontivy », reconnaît Roland Tonarelli. « Le problème n’est pas particulier à la Bretagne », concède Denis Lambert, p.-d.g. de LDC. Les difficultés de recrutement dans la filière volaille sont nationales. « Pourtant, notre stratégie en matière de recrutement consiste à valoriser notre marque employeur. Dire qu’il est possible de construire sa carrière au sein de SBV en Bretagne, avec des évolutions et des opportunités », assure Roland Tonarelli. Des postes de contrôleurs de gestion, maintenance et production sont ainsi à pourvoir. « Nous avons un programme d’accompagnement afin de faire grandir nos salariés en interne vers des métiers de plus en plus techniques et technologiques », précise le directeur général. À Châteaulin, le nouveau site nécessite un premier recrutement de 250 personnes et il devrait monter à 400 personnes dans les quatre prochaines années. Au sein de ses 12 sites de production, SBV emploie 2 400 personnes dans le Morbihan, 955 personnes dans les Côtes d’Armor, 220 personnes dans le Finistère (avant le recrutement à Châteaulin) et 45 personnes en Vendée.