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Sécheresse : des statistiques encore incomplètes

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Des premières estimations de production sont tombées qui montrent des effets marqués de la sécheresse pour les prairies et la plupart des cultures de printemps. Mais ces estimations n’avaient pas encore intégré les semaines de sécheresse et de canicule de début août.

Pour un phénomène où chaque semaine compte, les données commencent à dater, mais donnent une première mesure des dégâts pour certaines cultures. C’est le cas des pâtures, où la situation s’était encore aggravée en juillet. La production cumulée des prairies permanentes depuis le début de l’année est inférieure de 21 % à la normale au 20 juillet, d’après une note de conjoncture publiée par Agreste (ministère de l’Agriculture) le 28 juillet. Le déficit était particulièrement important en Paca où il atteint 60 %. Il dépasse 30 % en Occitanie et dans les Hauts-de-France. Seules 20 % des régions fourragères avaient une pousse supérieure à la normale en juillet. Elles sont principalement situées dans la partie centrale de la France.

En céréales, les cultures d’été ont échappé au pire, mais celles de printemps souffraient en juillet. Le 5 août, Agreste annonçait que « la production de céréales pourrait diminuer de 7,6 % sur un an, sous l’effet d’un recul général des surfaces et d’une diminution du rendement des céréales de printemps ». L’évaluation de la production de maïs était « incertaine à cette date », prévenait le ministère, estimant toutefois que le rendement « pourrait diminuer de 13,5 q/ha sur un an et, dans un contexte de baisse des surfaces, abaisser la production à 12,7 Mt ». Bien partie, la production de tournesol pourrait finalement « être quasi-stable sur un an, à 1,9 Mt, malgré la forte hausse des surfaces », en raison d’un potentiel de rendement « fortement altéré par la sécheresse ».

Les rendements des betteraves ne sont pas encore estimés par le ministère – il faudra attendre mi-septembre –, tout comme ceux de la pomme de terre – qui doivent paraître dans les prochains jours, et qui sont annoncés très mauvais, selon les échos des professionnels.

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Vergers et vignes entraient dans le dur

En vigne, le service de statistique du ministère de l’Agriculture avait fait paraître, le 9 août, sa première estimation de la vendange 2022. Au 1er août, la récolte était attendue entre 42,6 et 45,6 millions d’hectolitres, soit un niveau supérieur (+13 à +21 %) à la faible récolte de 2021, marquée par un épisode sévère et étendu de gel au printemps. Mais elle serait « proche de la moyenne quinquennale ». Dans sa note Agreste, le ministère prévenait qu’il s’agissait « d’une première estimation à affiner au regard de l’incertitude entourant l’évolution de la sécheresse en cours ».

Dans les vergers non plus, les professionnels n’avaient pas encore intégré d’effet potentiel de la sécheresse et de la canicule sur la production de pommes et poires, mais les effets pourraient se manifester plus tard dans la saison. En pommes, la production européenne (UE + Royaume-Uni) devrait augmenter de 1 % en 2022-2023 pour atteindre 12,168 millions de tonnes (Mt), selon les prévisions de récolte de l’association mondiale de la pomme et de la poire (WAPA) présentées le 4 août. Soit une hausse de 9 % par rapport à la moyenne triennale. La France prévoit de récolter 1,468 Mt, un chiffre en hausse de 6 % par rapport à l’an passé.

Côté poires, la production européenne devrait augmenter de 20 % par rapport à l’année dernière, sachant que 2021-2022 avait été une année noire à cause du gel. Selon la Wapa, la production attendue pour 2022-2023 devrait avoisiner 2,077 millions de tonnes (Mt), soit une hausse de 5 % par rapport à la moyenne triennale. Ce rebond est « principalement dû à l’Italie et à la France, qui font plus que doubler leur production par rapport à 2021 », même si la prévision française « demeure sous le plein potentiel de production », souligne le secrétaire général de la Wapa Philippe Binard dans un communiqué. Dans le détail, la France prévoit de récolter 137 000t de poires, un chiffre en hausse de 136 % par rapport à l’an dernier.

Prairies : déficit particulièrement important en Paca