Dans une résolution adoptée le 15 septembre à Strasbourg, le Parlement européen demande que des dispositions soient prises pour soutenir le secteur agricole face à la sécheresse qui a frappé une grande partie de l’Europe cet été. Certains plaident pour que les restrictions prévues par la prochaine Pac sur l’irrigation et le stockage d’eau soient allégées.
« L’introduction de systèmes d’irrigation qui n’utilisent pas les eaux de surface ni les eaux souterraines, tels que le stockage de l’eau de pluie et le recyclage des eaux usées, en combinaison avec des efforts visant à réduire la consommation globale d’eau », doit être soutenue, estime le Parlement européen dans une résolution sur « les conséquences de la sécheresse, des incendies et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes » adoptée le 15 septembre. Les eurodéputés demandent donc à la Commission européenne de préciser, dès que possible, l’interprétation des nouvelles dispositions sur les investissements dans l’irrigation dans le cadre de la Pac, afin de lever toute incertitude.
Dans une lettre adressée au commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski, une trentaine d’eurodéputés dont la Française Irène Tolleret (centriste), l’Espagnole Clara Aguilera (sociale-démocrate) et l’Allemand Peter Jahr (démocrate-chrétien) vont plus loin en estimant que les nouvelles restrictions qui entreront en vigueur avec la nouvelle Pac en 2023 « seraient contre-productives pour les projets d’économie d’eau qui s’inscrivent dans des projets territoriaux visant à atteindre un bon état des masses d’eau. Il faut tenir compte du fait que l’équilibre économique de ces projets dépend souvent de l’augmentation des surfaces irriguées ». La réforme de la Pac supprime en effet la dérogation qui permettait la modernisation des infrastructures existantes en même temps que l’augmentation des surfaces irriguées dans les territoires où l’état des masses d’eau est qualifié de "moins que bon" pour des raisons quantitatives. Ces parlementaires demandent également des précisions sur les conditions spécifiques pour que les réservoirs de stockage d’eau collinaire alimentés uniquement par le ruissellement échappent aux restrictions.
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Relance de la production, stocks tampons et agroécologie
Moins ferme sur ce point, la résolution adoptée par le Parlement européen souligne aussi le rôle positif de l’agroécologie, de l’agroforesterie et des systèmes de production biologique au regard de la préservation de la quantité et de la qualité de l’eau, et met en avant la nécessité de mettre en œuvre rapidement les stratégies De la ferme à la table et Biodiversité afin de concrétiser l’ambition en faveur d’un secteur agricole plus écologique et plus durable.
Sur le plan de la sécurité alimentaire, le Parlement demande à Bruxelles d’étudier quelles mesures correctives peuvent être prises et quel soutien peut être apporté pour permettre aux producteurs de denrées alimentaires primaires subissant des pertes de production dues à la chaleur et à la sécheresse de relancer sans délai de nouveaux cycles de production. Et la Commission et les États membres sont invités à donner la priorité à la création de stocks tampons d’aliments pour animaux et de denrées alimentaires stratégiques afin d’atténuer les aspects les plus préjudiciables de la sécheresse.