Le ministre de l’Agriculture a annoncé une nouvelle enveloppe de report ou d’allégement des cotisations sociales, un suivi des stocks de fourrage par département, et un assouplissement du dégrèvement de TFNB. La région Grand Est a, de son côté, débloqué 6 M€ d’aides exceptionnelles.
En déplacement dans la Meuse et les Vosges le 26 octobre, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a annoncé l’ouverture d’une « nouvelle enveloppe de 15 M€ » de report ou d’allégement de cotisations sociales auprès de la MSA « pour l’ensemble des intempéries 2018 ». Des réunions entre préfets et acteurs concernés seront également organisées en région afin « d’identifier les stocks de fourrage mobilisables, et faciliter l’organisation d’opérations de solidarité », a-t-il indiqué. Le dégrèvement de la taxe sur le foncier non bâti (TFNB) sera activé d’office dans les zones les plus touchées « dès que les taux de perte seront transmis à la direction départementale des finances publiques », a par ailleurs précisé la rue de Varenne.
Le ministre a également rappelé que la procédure de reconnaissance des calamités agricoles avait été activée. « Trois comités de gestion des risques en agriculture (CNGRA) se réuniront exceptionnellement en décembre, janvier et février » pour examiner les dossiers de demande d’indemnisation, indique le ministère de l’Agriculture dans un communiqué de presse. Ceux-ci peuvent être déposés jusqu’au 12 novembre pour le premier comité de décembre. Enfin, Didier Guillaume a précisé que la France était « intervenue » auprès de la Commission européenne pour lui demander de proposer « des mesures de soutien supplémentaires aux agriculteurs » afin de faire face à la sécheresse.
Des mesures qui font écho aux demandes de la FNSEA et des JA qui attendaient du ministre « un plan d’urgence effectif », indiquait un communiqué commun du 25 octobre. Ce plan devait « en priorité » s’attacher à : « moraliser et faciliter l’approvisionnement des éleveurs en fourrages et aliments », « systématiser et accélérer l’exonération de la taxe sur le foncier non bâti (TFNB) dans tous les départements touchés par la sécheresse » et « activer rapidement le fonds des calamités agricoles en levant certains freins inhérents au dispositif afin de s’adapter au plus près des réalités du terrain ».
Grand Est : une aide ciblée pour l’achat de fourrage
La région Grand Est va mettre en place « un plan de soutien de 6 M€ à l’attention des agriculteurs les plus en difficultés » suite à la sécheresse, a indiqué le territoire dans un communiqué de presse le 25 octobre. Des « mesures immédiates » vont être mises en place, notamment « une aide ciblée sur les éleveurs de bovins, ovins, caprins et équins, qui ont recours à l’achat de fourrage et d’aliments supplémentaires » ainsi que la mise en place « d’un guichet unique par département » visant à être « le relais de proximité pour mettre en œuvre les soutiens régionaux », précise la région.
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« Les agriculteurs les plus en difficultés bénéficieront d’une aide de 500 à 3 000 € », indique-t-elle également. Outre ces aides, le territoire veut lancer la réflexion sur des mesures à moyen terme visant notamment à « préparer les exploitations au changement climatique » que ce soit à travers des « aides aux bâtiments et aux silos de stockage de fourrages » ou une « réflexion large sur les réserves en eau en Grand Est ». Parallèlement, la région souhaite que « l’État prenne ses responsabilités » et appelle « à une adaptation des procédures pour les déclarations de calamités agricoles ». La région Grand Est n’est pas la première à annoncer un plan de soutien. Début octobre, la Bourgogne-Franche-Comté avait annoncé une aide de 10 M€ pour les agriculteurs touchés par la sécheresse.
Sécheresse : « Il faut bien se soucier de la ressource en eau », souligne Didier Guillaume
Lors de la séance des questions au gouvernement, le 30 octobre, le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a soutenu la création de retenues d’eau, après avoir été interrogé sur la sécheresse par la sénatrice Josiane Costes (RDSE). « Nous ne pouvons pas continuer à regarder l’eau tomber pendant six mois et après, pendant les six autres mois, chercher de l’eau », a-t-il déclaré. « Le réchauffement climatique est là, il faut bien se soucier de la ressource en eau », selon lui. Dans le cadre des Assises de l’eau ces prochains mois, une « large concertation » est prévue sur la façon de répondre à ce « défi majeur pour l’agriculture », a rappelé le ministre. « C’est fini l’ère des grandes retenues d’eau », a-t-il affirmé, promettant « des études très précises » dès janvier 2019.
23 % d’herbe en moins sur la campagne 2018 (Agreste)
Sur la campagne 2018, la pousse de l’herbe a été largement déficitaire en France, indique Agreste dans une note de conjoncture du 30 octobre. En cause : des records de température – les dix premiers mois de l’année ont été parmi les plus chauds depuis 1900. En cumul, la pousse de l’herbe a été de 23 % inférieure à la pousse de référence dans l’hexagone. Un déficit qui touche tout particulièrement le Grand-Est et la Bourgogne-Franche-Comté dont la pousse de l’herbe est déficitaire de presque un tiers sur la campagne. Suivie par les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts de France dont le déficit avoisine les 25 %. Seuls l’Occitanie, les Pays de la Loire et la région Paca connaissent une situation proche de la normale.