Affectés par la sécheresse, l’Espagne et le Portugal demandent des solutions à la Commission européenne. Celle-ci va déjà leur permettre de déroger à certaines exigences du verdissement et étudie d’autres options. Elle exclut, par contre, le recours à une aide d’urgence dans le cadre du développement rural, comme cela avait été possible pour faire face aux conséquences de la pandémie de Covid-19.
Pour aider l’Espagne et le Portugal frappés par une sécheresse importante depuis plusieurs mois, la Commission européenne devrait donner son feu vert à des dérogations aux exigences de verdissement et étudie la possibilité d’autres dispositifs. Elle exclut, par contre, un recours à de nouvelles mesures dans le cadre du développement rural, équivalentes à celles qui avaient été autorisées pendant la pandémie de Covid-19. Les deux pays ont indiqué, à l’occasion de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE, que les précipitations étaient inférieures de 50 % à la normale au Portugal et d’environ 38 % en Espagne. D’autres délégations (Roumaine, Grèce, Croatie) ont, elles aussi, témoigné de problèmes similaires sur leur territoire.
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L’Espagne et le Portugal ont demandé à la Commission européenne l’activation de mesures d’urgence pour soutenir leurs agriculteurs affectés par la sécheresse : augmentation des avances pour les aides directes, application de la clause de force majeure (permettant de déroger à certaines obligations environnementales comme la diversification des cultures, les surfaces d’intérêt écologique, et l’utilisation des jachères comme pâturage), aides d’urgence, ou utilisation des fonds du développement rural pour appliquer une aide immédiate aux agriculteurs les plus touchés (comme pendant la pandémie de Covid-19). Les deux pays proposent également de convoquer le groupe d’experts prévu par le mécanisme européen de préparation et de réaction aux crises de sécurité alimentaire, en vue d’examiner toutes les possibilités d’assurer un approvisionnement suffisant et abordable en matières premières et produits pour l’alimentation animale, y compris, si nécessaire, des mesures concernant les importations et les exportations de ces produits.
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Force majeure
« Je peux d’ores et déjà vous dire que la disposition relative à la force majeure peut être utilisée conformément aux règlements et aux interprétations de mes services », a répondu le commissaire européen Janusz Wojciechowski. Par contre, il s’oppose à « une nouvelle mesure dans le cadre du développement rural, équivalente à celle que nous avions pendant la Covid-19 ». Pour le reste, « nous étudions comment les paiements directs, en particulier l’aide au revenu découplée et l’aide sectorielle volontaire couplée, peuvent être utiles, ainsi que les mesures prévues par les programmes de développement rural ».
Et, comme c’est le cas avec de nombreux sujets agricoles ces derniers mois, Janusz Wojciechowski a vanté les possibilités offertes par la future Pac : « Les États membres peuvent soutenir la participation des agriculteurs aux outils de gestion des risques, […] et soutenir l’assurance pour la récolte et la production ». Et de conclure : « Je vous invite tous à tirer le meilleur parti des nouveaux plans stratégiques de la Pac pour relever les défis de la gestion de l’eau ».