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Second tour de la présidentielle : les positions des syndicats agricoles

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À l’exception du Modef, les syndicats agricoles se sont refusés à exprimer positivement ou clairement une consigne de vote. Toutefois, la Conf' a appelé son réseau à ne pas voter pour Marine Le Pen, et la FNSEA a défendu auprès du sien le choix d'« une Europe plus forte ».

À quelques jours du second tour de l’élection présidentielle 2022, qui opposera Emmanuel Macron (LREM) à Marine Le Pen (RN), le Modef appelle, dans un communiqué paru le 19 avril, à « faire barrage à l’extrême droite », pour « poursuivre la démocratie et la continuité de la vie syndicale ». Le plus petit des quatre syndicats agricoles généralistes prévient toutefois « qu’un vote Macron ne vaudrait pas à l’adhésion de son programme ultra-libéral. » Pas de consigne de vote aussi claire – ou exprimée aussi positivement – dans les autres centrales agricoles, ni à la Confédération paysanne (Conf'), ni à la Coordination rurale (CR), ni à la FNSEA, ni chez les Jeunes agriculteurs. Chacun des syndicats faisant référence au caractère apolitique de leur structure.

La Confédération paysanne était toutefois signataire d’un appel de la Ligue des droits de l’homme (LDH) à manifester le 16 avril, avec comme mot d’ordre « contre l’extrême droite et ses idées, pas de Marine Le Pen à l’Élysée ». Et deux jours plus tôt, le porte-parole de la Conf' adressait un message à son réseau, appelant, au nom du comité national, à ne pas voter pour Marine Le Pen. « Aucune voix ne doit être dirigée vers Mme Le Pen tant son projet politique est contraire à nos valeurs humanistes, sera plus autoritaire et liberticide sans davantage d’avancées sociales et écologiques », écrit Nicolas Girod dans ce courrier.

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La Coordination rurale en retrait

Quant à la FNSEA, sa présidente a également adressé un courrier le 14 avril aux responsables de son réseau. Christiane Lambert rappelle que la FNSEA est « statutairement apolitique » et ne donnera « qu’une seule consigne de vote, celle de voter ». Toutefois, précise le courrier, « le bureau de la FNSEA a conscience que ce second tour de l’élection présidentielle engage l’avenir de notre pays et que deux visions sont soumises au suffrage des Français ». Et de plaider pour « une Europe plus forte, plus stratège, plus reconnectée aux réalités géopolitiques et sociales et plus efficiente pour protéger ses propres acteurs économiques ». Une vision que le syndicalisme majoritaire oppose à « une Europe qui se désunit sur la base de visions nationales exacerbées et dont les liens entre Etats membres se distendent ».

Enfin, pas de prise de position publique sur ce sujet à la Coordination rurale, qui tient à une position « apolitique » stricte.

La FNSEA contre « une Europe qui se désunit »