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Sécurité alimentaire : le G7 et le Conseil européen renforcent leurs engagements

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Alors que la guerre en Ukraine ne faiblit pas, les pays du G7 ont décidé, à l’issue de leur sommet des 26-28 juin en Bavière, de lancer avec la Banque mondiale, une Alliance mondiale pour la sécurité alimentaire. Suite à cette nouvelle initiative, ils se sont engagés à verser 4,5 Md$ pour soutenir les populations les plus précaires. Les chefs d’État et gouvernement de l’UE ont, eux aussi, appelé à aider les pays en développement face à cette crise alimentaire mondiale en intensifiant la production locale.

Face aux défis posés par la crise alimentaire mondiale dans le contexte de la guerre en Ukraine, les pays du G7 (Allemagne, France, Canada, Japon, Italie, Royaume-Uni, États-Unis) ont décidé, à l’issue de leur sommet du 26 au 28 juin (à Elmau, Bavière), de lancer, conjointement avec la Banque mondiale, l’Alliance mondiale pour la sécurité alimentaire. Dans ce nouveau cadre, ils se sont notamment engagés à verser 4,5 milliards de dollars (Md$) aux populations les plus vulnérables, ce qui portera à plus de 14 Md$ leur engagement commun en faveur de la sécurité alimentaire mondiale en 2022. Les pays du G7 ont réitéré, dans le même temps, leur appel à la Russie à mettre fin sans délai à son blocus des ports ukrainiens de la mer Noire et à la destruction des principales infrastructures portuaires et de transport, des silos et des terminaux céréaliers. Ils ont indiqué qu’ils intensifieront leurs efforts pour aider, à la fois, l’Ukraine à poursuivre la production de denrées agricoles en vue de la prochaine saison de récolte et à relancer leurs exportations agricoles vers les marchés mondiaux. Les pays du G7 ont ainsi précisé qu’ils soutenaient les efforts des Nations unies pour débloquer un corridor maritime à travers la mer Noire (dans le cadre d’une collaboration quadripartite avec l’Ukraine, la Russie et la Turquie). Ils ont également assuré qu’ils veilleraient à ce que les sanctions visant Moscou ne ciblent pas les denrées alimentaires et permettent la libre circulation des produits agricoles, y compris en provenance de Russie, et l’acheminement de l’aide humanitaire.

Ouverture des marchés et limitation des stocks

À court terme (en cas de force majeure), les pays du G7 ont appelé les pays disposant d’importants stocks de nourriture ainsi que le secteur privé à rendre la nourriture disponible sans fausser les marchés, notamment en soutenant la stratégie d’achat du Programme alimentaire mondial. Dans le même temps, ils demandent une nouvelle fois à tous les pays d’éviter le stockage excessif de denrées alimentaires, qui peut entraîner une hausse de la volatilité des marchés et donc le risque d’insécurité alimentaire. Sur ce point, ils ont précisé qu’ils maintiendraient ouverts leurs marchés alimentaires et agricoles. Les pays du G7 se sont également engagés à renforcer leur soutien au système d’information sur les marchés agricoles (AMIS) du G20, notamment en fournissant des ressources financières supplémentaires ainsi que des données actualisées et des informations transparentes. Dans ce cadre, ils ont assuré qu’ils lutteraient contre tout comportement spéculatif qui met en danger la sécurité alimentaire ou l’accès à des aliments nutritifs pour les pays ou les populations à risque.

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Soutien aux pays vulnérables

De leur côté, les vingt-sept chefs d’État et de gouvernement de l’UE ont indiqué, à l’issue du Sommet européen des 23 et 24 juin, qu’ils soutenaient fermement les efforts sur les corridors de solidarité (initiative lancée par la Commission européenne le 12 mai) en vue de faciliter, via différentes voies terrestres et différents ports de l’UE (Pologne, Roumanie), les exportations de denrées alimentaires ukrainiennes vers les marchés des pays tiers (Afrique, Moyen-Orient). Par ailleurs, le Conseil européen a également invité la Commission européenne et les États membres, en s’appuyant en particulier sur l’initiative FARM (proposée le 24 mars par la présidence française du Conseil de l’UE), ainsi que sur les initiatives des Nations unies et du G7, à intensifier leurs efforts pour aider les pays en développement (notamment sur le continent africain) à réorienter leurs chaînes d’approvisionnement. Cela passera notamment, explique le Conseil européen, par le développement d’une production alimentaire durable et par le renforcement de la productivité agricole, notamment en ce qui concerne les protéagineux. En parallèle, le Conseil les invite à élaborer de nouvelles initiatives avec les partenaires internationaux en vue de soutenir, dans les pays en développement, le déploiement de capacités de production d’intrants, en particulier d’engrais durables.

Céréales ukrainiennes : les eurodéputés appellent Bruxelles à intensifier ses actions

Suite à la visite d’eurodéputés (les 20 et 21 juin) de la commission de l’Agriculture du Parlement européen à la frontière polono-ukrainienne dans le cadre d’une évaluation des corridors alimentaires mis en place, leur président Norbert Lins (Démocrates-chrétiens, Allemagne) – au nom de tous les groupes politiques – a appelé dans une lettre adressée le 24 juin, au vice-président exécutif de la Commission, Valdis Dombrovskis, et aux commissaires à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, et aux Transports, Adina Vălean, l’exécutif européen à prendre davantage de mesures pour faciliter les exportations de blé en provenance d’Ukraine (via le plan d’action pour les voies de solidarité). La première, selon Norbert Lins, serait d’accorder, en raison des coûts élevés de transport, « un soutien financier et des garanties d’assurance pour la location de locomotives, de camions et d’équipements logistiques connexes ainsi pour du personnel ». Par ailleurs, il demande la mise en place d'installations de transbordement des deux côtés de la frontière pour faciliter le changement entre les trains ukrainiens et polonais (en raison d’un écartement de rails différent). Le président de la Comagri appelle également la Commission « à créer une task force ou un envoyé spécial chargé de s’occuper uniquement des exportations ukrainiennes de céréales et de travailler en partenariat avec les parties prenantes sur le terrain ».

Lire aussi : « Ukraine : l’UE mobilisée pour la sécurité alimentaire des pays tiers »