Abonné

Sécurité alimentaire : plusieurs membres de l’OMC promettent de garder les marchés ouverts

- - 3 min

Dans le contexte de la guerre en Ukraine, et en vue d’assurer la sécurité alimentaire mondiale, 51 pays membres de l’OMC ont pris l’engagement dans une déclaration commune de garder les marchés ouverts et de ne pas imposer de mesures commerciales restrictives injustifiées. Un enjeu qui sera au cœur des discussions de la douzième conférence ministérielle de l’OMC prévue du 12 au 15 juin.

Alors que la sécurité alimentaire est devenue une des priorités de la douzième conférence ministérielle (CM12) depuis la guerre en Ukraine, quelque 51 pays de l’OMC dont les grandes puissances agricoles que sont l’Union européenne, les États-Unis, le Canada et l’Australie se sont engagés, le 6 mai dans une déclaration commune adoptée à Genève, « à travailler ensemble pour assurer qu’il y ait de la nourriture en quantité suffisante pour tout le monde, y compris les plus pauvres, les plus vulnérables et les personnes déplacées ». Les signataires, dont ne font pas partie l’Argentine ou le Brésil, soulignent que les mesures d’urgence prises pour faire face à la situation d’envolée des prix suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie doivent provoquer le moins de distorsions possible, être temporaires, ciblées et proportionnelles. Et ils promettent de garder les marchés agricoles et alimentaires « ouverts, prévisibles et transparents en n’imposant pas de mesures commerciales restrictives injustifiées ». Des décisions que prennent pourtant certains pays comme récemment l’Indonésie qui a mis en place un embargo sur ses exportations d’huile de palme.

Lire aussi : « Huile de palme : l’Indonésie interdit toutes les exportations »

Concernant l’amélioration de la transparence, les signataires demandent que soit inscrit à l’ordre du jour du Comité de l’agriculture, un point permanent sur le commerce et la sécurité alimentaire tout en présentant une analyse régulière de la crise alimentaire actuelle en coopération avec d’autres organisations internationales (FAO, Pam, OCDE). De telles mesures, expliquent-ils, permettraient « d’atténuer les risques multiformes à court et à long terme et assurer la sécurité alimentaire mondiale ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Des engagements attendus lors de la CM12

Sur cet enjeu, la directrice générale de l’OMC, Ngozi Okonjo-Iweala, a indiqué le 4 mai devant les chefs de délégation des membres de l’OMC, qu’« elle consulterait les membres dans les jours à venir afin de préciser les mesures qui pourraient être prises ». Tout en ajoutant qu’« outre la proposition consistant à exempter des restrictions à l’exportation les achats humanitaires du Programme alimentaire mondial, certains membres avaient notamment suggéré l’idée de partager les stocks régulateurs et avaient demandé de l’aide pour acheminer les céréales vers les marchés mondiaux ou pour aider directement d’autres membres en subventionnant leurs importations en céréales par exemple ».

Elle a par ailleurs souligné que le monde risquait de connaître une crise de la sécurité alimentaire, puisque les prix des aliments, des engrais et de l’énergie, déjà élevés, augmentaient considérablement. Elle a ainsi proposé aux membres « d’utiliser de la CM12 comme d’une plate-forme pour prendre des mesures sur ces questions, indépendamment des négociations en cours sur l’agriculture ».

Lire aussi : « OMC : la question de la sécurité alimentaire divise les membres »