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Sécurité alimentaire Selon la FAO, les outils manquent pour réguler l’agriculture

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La Journée mondiale de l’alimentation, le 16 octobre, a été l’occasion pour l’agence des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) de rappeler que parmi les populations les plus touchées par la faim, une majorité était constituée d’agriculteurs. L’agence s’est ainsi déclarée en faveur de leur soutien et souhaite que les organisations paysannes se développent plus largement au Sud. Parallèlement, la France a de nouveau manifesté sa volonté de discuter du problème au niveau international, par le biais d’une réunion de niveau ministériel, à défaut d’avoir pu convoquer le Forum de réaction rapide.

«L’espérance que la flambée des prix agricoles en 2007-2008 permettrait aux petits producteurs de sortir de la pauvreté ne s’est pas réalisée », a regretté le directeur général de la FAO, José Graziano Da Silva. La FAO, constatant un ralentissement considérable des investissements publics en agriculture depuis trente ans, plaide aujourd’hui pour un soutien des petits producteurs agricoles des pays en développement, ainsi que pour leur organisation. Saluant le modèle coopératif, consacré en 2012 par les Nations unies, José Graziano Da Silva a déclaré que « ce modèle peut aider les petits producteurs à surmonter leurs difficultés ».

Elargir à plus de pays les orientations du G20 agricole

Parallèlement, le ministre français de l’agriculture, Stéphane Le Foll, a présidé une réunion « de niveau ministériel » dans les murs de la FAO pour débattre des solutions à mettre en place contre la flambée et la volatilité des cours en agriculture. Un lot de consolation pour le ministre qui n’a pu convoquer la Forum de réaction rapide que la France préside. Certains pays membres du G20 (notamment les Etats-Unis), ayant imaginé cette instance, ne voyaient pas l’urgente nécessité de sa réunion, craignant même qu’elle ne fasse paniquer les marchés (1). À l’issue de cet événement, réunissant plus de 100 nationalités, dont 34 ministres et vice-ministres, la France a réaffirmé sa détermination à lutter contre la faim dans le monde. Un renforcement et une coordination de la gouvernance mondiale agricole et alimentaire sont ainsi demandés par le ministre français de l’agriculture. L’idée française étant d’étendre à un plus grand nombre de pays les orientations prises l’an dernier dans le cadre du G20 agricole, et qui n’ont pas encore été vraiment appliquées.

Opposition sur la question des stocks

Pour Stéphane Le Foll, « les outils manquent » pour que les orientations souhaitées par le G20 agricole se concrétisent. Il s’est ainsi prononcé pour le renforcement des capacités d’acquisition de données sur l’état des cultures dans le monde du système Amis (Système d’information sur les marchés agricoles). À ce sujet, le ministre français demande que soit mené à bien le projet de suivi des récoltes par surveillance satellitaire « Geo-Glam ». Il souhaite aussi que soient constituées des réserves alimentaires d’urgence dans les pays vulnérables en termes de sécurité alimentaire. Sur ce sujet, Abdolreza Abbassian, économiste spécialiste des céréales de la FAO, confie que « si en France, il y a un discours sur le fait que stocker pourrait limiter la volatilité, via le plan silos notamment, la FAO ne soutient que le stockage d’urgence ». En effet, selon lui, l’agence est plus sceptique sur l’intérêt de réserves vouées à stabiliser les prix, « car cela coûte cher et n’est pas toujours efficace », citant l’exemple de l’Europe par le passé. Enfin, Stéphane Le Foll a plaidé pour davantage de soutien et de coordination dans la recherche agricole au niveau mondial pour répondre aux besoins à venir, notamment en blé.

(1) Voir n° 3369 du 15/10/2012

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