À l’occasion d’une conférence de presse le 10 décembre, le président de l’interprofession des semences (Semae) Pierre Pagès a fait état d’une légère baisse des surfaces (-2 %, à 374 000 hectares) cette année, sur fond de restrictions aux importations imposées par le gouvernement russe. Ce sont notamment les surfaces de maïs qui ont baissé en raison d’un « rééquilibrage du marché », mais aussi de colza et de tournesol, en lien avec la fermeture progressive du marché russe. En février, la Russie a mis en place des quotas à l’importation pour les entreprises implantées dans des pays dits hostiles, notamment pour le maïs et le tournesol, où elle vise l’autonomie à horizon 2030. Pour la France, les exportations de semences de tournesol sont ainsi passées de 50 M€ en 2023, à 10 M€ en 2024. « Cela risque d’être zéro ou très peu en 2025 », craint Pierre Pagès.
Situation similaire pour l’exportation de plants de pomme de terre vers Algérie depuis que la France s’est rangée, cet été, du côté du Maroc sur la question du Sahara occidental ; les importateurs algériens ne parviennent plus à obtenir de licences d’importations de la part de l’État. Résultat, les 15 000 tonnes de plants seront détruites ou destinées à l’alimentation animale. Certaines semences potagères sont aussi touchées.
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La filière s’est à nouveau inquiétée des moyens de production (eau, phytos) à disposition des producteurs ; elle craint qu’à l’instar de ce qui est arrivé à quelques productions mineures de semences depuis deux à trois ans, comme le radis ou les épinards, d’autres soient délocalisées en raison de l’arrêt de l’interdiction de certains pesticides. « Les semences proviendront d’Inde ou d’ailleurs », redoute Pierre Pagès. Malgré cela, la balance commerciale continuait de progresser en valeur sur l’année 2024, à 1,29 milliard d’euros, tout comme les exportations.