L'AGPM prévoit une baisse de surfaces moins importante que le ministère, au regard des bonnes conditions de semis et de reports de semis d’hiver vers les cultures de printemps moindres que l’an passé.
Contactée par Agra Presse, l’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) table sur une baisse de la sole française de maïs grain 2025 moins importante qu’attendu par les services statistiques du ministère de l’agriculture (Agreste). « Nous tablons sur une baisse de 2 % à 5 % environ entre 2024 et 2025, sachant que 2024 avait été exceptionnelle. Nous devrions tout de même obtenir une surface supérieure à celle de 2023 », indique Franck Laborde, son président. Pour rappel, Agreste table, dans son dernier rapport mensuel publié le 13 mai, sur un recul annuel de 8,2 %, à 1,41 Mha.
Les prévisions doivent encore s’affiner, les semis n’étant pas terminés. Ils sont faits à 90 % au 12 mai, d’après Céré’Obs (FranceAgriMer), contre 70 % l’an dernier à la même époque, et 87 % en moyenne lors des cinq dernières années. Le président de l’AGPM précise ainsi que les travaux d’emblavement se déroulent à un rythme « normal », après les conditions très difficiles de 2024. Ils seraient un peu en avance dans la région Centre, Pays de la Loire et le Grand-Est, et un peu en retard en Bretagne et dans le Sud-Ouest. Pour rappel, cette dernière région a subi d’importantes intempéries, surtout ces derniers jours. Par exemple, en Lot-et-Garonne, des parcelles et coteaux de semis d'été (tournesol, maïs, soja) ont été « emportés par des coulées de boue », indique à l’AFP Patrick Franken, président de la chambre d'agriculture. Franck Laborde ajoute que les dégâts de grêle « sont souvent très localisés », limitant les effets sur le territoire, mais peuvent « être très lourds à l’échelle de l’exploitation ». A contrario, « la zone nord-Loire prendrait volontiers un peu d’eau. À ce stade de développement de la plante, il n’y a pas d’incidence », précise-t-il.
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88 % des cultures se développent bien
Il confirme que les attentes de recul d’assolement s’expliquent par les meilleures conditions de semis d’hiver, engendrant une baisse des reports de cultures d’hiver vers celles de printemps. « Les rendements en 2023 et 2024 ont été bons », ce qui a pu encourager les céréaliers à retenter l’expérience en maïs, ajoute Franck Laborde. Pour le moment, en 2025, peu d’inquiétudes émergent. D’après Céré’Obs, les cultures se développent dans des conditions bonnes à excellentes dans 88 % des cas.
Côté sanitaire, Franck Laborde pointe des attaques de limaces, « avec des dégâts variables », et de corvidés. Concernant les adventices, le dirigeant de l’AGPM indique « qu’à ce stade, c’est à peu près maîtrisé », en raison des bonnes conditions climatiques. Mais il rappelle que pour la première année, « nous ne pouvons pas utiliser de S-métolachlore […] La panoplie de moyens de lutte contre les graminées s’amoindrit. Nous ne pouvons plus nous permettre de perdre des matières actives ».