De passage à Paris les 15 et 16 janvier, Rajendra Pachauri, président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) et co-récipiendaire du prix Nobel de la Paix 2007, a estimé qu’il était indispensable que la prochaine conférence internationale sur le climat prévue à Copenhague en 2009 aboutisse à un accord.
Sourire aux lèvres, toujours courtois, se prêtant avec intérêt aux jeu des questions-réponses, Rajenda Pachauri a passé deux journées express à Paris, enchaînant les rencontres et les débats avec les étudiants (Sciences Po, Dauphine), des décideurs économiques ou des politiques. Bravant la fièvre et la toux – attrapées dans l’hiver parisien –, le président du GIEC n’a cessé de délivrer son message : dans l’histoire du climat, le réchauffement climatique de ce dernier siècle n’a pas d’équivalent sur une période aussi courte. Au cours de XXIe siècle, la température moyenne de la planète devrait progresser dans une fourchette entre 1,8°C et 4°C. Et les impacts négatifs dépassent les éventuels effets positifs. Fonte des glaciers, augmentation du niveau de la mer, modification des régimes des eaux…
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« Manger moins de viande »
« Les pays pauvres seront les premiers touchés par le changement climatique », a martelé Rajendra Pachauri, appelant les pays développés à diffuser les technologies dans les pays du Sud, à enseigner les techniques et « à ne pas seulement leur dire d’agir ». « Si vous voulez que les pays en développement réduisent leurs gaz à effet de serre, il faut que les pays développés s’engagent eux-mêmes à faire de grands efforts. A défaut de quoi, les pays industrialisés auront toujours la même réponse de la part des pays pauvres : vous n’avez rien fait, alors on ne fera rien ». Les pays du sud doivent trouver de nouvelles méthodes de développement, a-t-il expliqué en sortant de son sac une petite lampe de poche dont la batterie est alimentée par un capteur solaire. Et de poursuivre, « les gens pauvres ont besoin de petites sources d’énergie ». Les techniques existent. Il faut les diffuser, et ce sera déjà beaucoup. Sur le plan agricole, les menaces de réduction des récoltes à l’horizon 2020 sont énormes, pouvant aller jusqu’à -50% en Afrique et -30% en Asie, en raison du changement climatique. S’alarmant de la consommation croissante de viande, en Chine notamment, Rajendra Pachauri affirme sans détour : « Nous avons à manger beaucoup moins de viande ». Pour le prix Nobel de la Paix, le rendez-vous de Copenhague, prochaine grande conférence internationale post-Bali, est central. « Si en 2009 il n’y a pas d’accord à Copenhague (conférence sur les réductions de gaz à effet de serre pour la période après-2012, NDLR), alors il sera trop tard », avertit-il. Prix du carbone, transfert de technologies, campagne d’information sur les réalités du changement climatique… il faudra, selon lui, jouer sur de nombreux tableaux. Et l’opinion publique jouera un rôle majeur.