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Investissement/Industrie laitière Sill parie sur la biomasse pour une nouvelle usine

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L’industriel finistérien Sill, spécialisé dans les produits laitiers, se dote d’une installation verte afin d’améliorer son bilan carbone. Celle-ci lui fournira l’énergie nécessaire pour une future unité de production de lait en poudre, principalement destiné à la Chine.

À la pointe bretonne, l’industriel Sill a compris l’importance des enjeux environnementaux. Spécialiste des produits laitiers, jus de fruits, potages et plats préparés, Sill vient d’inaugurer une chaufferie biomasse sur son site principal à Plouvien, près de Brest. Un équipement qui a nécessité cinq millions d’euros d’investissement et quatre ans de construction. « Nous allons pouvoir réduire d’un tiers nos émissions de CO2 grâce à la chaufferie », indique Michel Magueur, directeur général adjoint. Soit une économie de 10 000 tonnes de CO2 par an ! « Nous avons besoin de gaz naturel pour fabriquer de la vapeur afin de cuire, chauffer ou faire sécher le lait, précise-t-il. Jusqu’alors, nous importions 100 % du gaz de l’étranger. Nous étions décidés à trouver un carburant local ». Désormais, la chaufferie répond à 85 % aux besoins d’approvisionnements du site de Plouvien. « Elle est capable de produire 13 tonnes de vapeur par heure », calcule Michel Magueur. La chaufferie biomasse est alimentée en bois issus de déchetteries et de bocage. L’Ademe (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), qui finance 29% de l’investissement, estime à 25 le potentiel de créations d’emplois liées au traitement du bois pour ce type d’installation. « Il s’agit d’un emploi pour 1 000 tonnes de bois. Et il nous faudra 25 000 tonnes de bois par an », commente Michel Magueur.
 
Du lait en poudre pour la Chine
Une nouvelle usine de production de lait sera d’ailleurs directement alimentée par cette chaufferie biomasse. Du lait infantile en poudre destiné à l’export et notamment à la Chine. Pour accompagner ce développement, 70 nouveaux emplois devraient être créés d’ici à 2015. Gilles Falc’hun, p.-d.g., prévoit un investissement de 35 millions d’euros dans cette nouvelle usine qui doit également remplacer l’outil de production actuel de Plouvien, devenu obsolète.
Sill, qui a fêté ses 50 ans en 2012, compte 750 collaborateurs répartis sur cinq sites de production en Bretagne. L’entreprise commercialise les yaourts de la marque Malo ou les beurres Le Gall. L’activité laitière représente d’ailleurs 55 % du chiffre d’affaires, établi à 320 millions d’euros.

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