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Sirgho innove avec son sirop de sorgho français

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Le sirop de sorgho peut se consommer seul ou s’intégrer dans des nombreuses recettes. Crédits : © Sirgho

Dernier arrivé sur le marché des alternatives au sucre, Sirgho développe un sirop de sorgho à partir de céréales françaises. En mai 2025, la jeune start-up a rejoint l’incubateur Food’InnLab d’AgroParisTech et prépare une première commercialisation dès 2026. 

Martin Ajas et Camille Garcia-Couderc ont fondé la start-up Sirgho aen août 2024 pour répondre aux « conséquences de la production de sucre de canne et de betterave sur l’environnement », explique la cofondatrice. 

L’intérêt des deux fondateurs pour le sorgho vient du fait que cette céréale, la cinquième céréale la plus produite au monde selon une synthèse publiée en mai 2025 par le Cirad, est très peu gourmande en eau et en intrants et tolère les stress abiotiques. Déjà utilisé en alimentation humaine et animale et en bioéthanol, la culture du sorgho se développe notamment dans le Sud-Ouest de la France, d’où les deux étudiants sont originaires. 

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Ce printemps, un agriculteur partenaire du projet a semé une parcelle de 1,5 hectare de sorgho fourrager, le plus adapté à une transformation en sirop, grâce à « une concentration en sucre plus importante dans les tiges », explique Camille Garcia-Couderc. Une fois la plante récoltée en fin d’été, elle sera transformée en sirop grâce au procédé unique d‘extraction développé par Sirgho. Les tiges sont pressées pour extraire les sucres solubles, puis viennent les étapes d'évaporation et de filtration. « C’est le résultat d’une grosse phase R&D de notre projet », explique la cofondatrice. « Pour l’instant, il n’y a pas de matériel spécifique pour l’extraction de sucre dans le sorgho en Europe. On adapte ce qui se fait ailleurs pour mettre au point le meilleur procédé pour le sorgho. On veut améliorer les rendements de l’extraction et l’évaporation pour avoir le meilleur goût possible, car le process a un gros impact sur la qualité du produit fini. » Le sirop est obtenu sans raffinage ni ajout d'additifs. 

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Lancement prévu en 2026

D’après les premières estimations des deux cofondateurs, leur première récolte devrait permettre la production de 1000 litres de sirop. Cette production devrait être commercialisée dès 2026, « en B2B ou en B2C, pour des artisans, chefs pâtissiers ou restaurateurs-traiteurs », glisse Martin Ajas. Pour Camille Garcia-Couderc « un gros travail de sensibilisation reste à faire au niveau des consommateurs qui n’ont pas toujours conscience de l’impact environnemental du sucre. Le défi de notre projet est de faire accepter ce produit nouveau et peu connu ».

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La start-up vient d’intégrer l’incubateur Food’InnLab d’AgroParisTech dans le dispositif Jeunes Pousses. Sirgho y bénéficiera d’un accompagnement et d’un « accès à des laboratoires et cuisines partagés, une halle technologique pour tester nos procédés et aussi tout un environnement scientifique avec un accompagnement de chercheurs et d’ingénieurs », se réjouit sa cofondatrice. De quoi l’aider à mettre au point sa recette de sirop au « goût de miel caramélisé », selon Martin Ajas. Ajouté dans différentes recettes en remplacement du sucre pur, comme dans des madeleines ou des pâtes à tartiner, le sirop de sorgho « se marie très bien avec les différents ingrédients et remplace parfaitement le sucre », assure le cofondateur.