Les neuf responsables départementaux de la section laitière de la FRSEA de l’Ouest (Bretagne et Pays de la Loire) ne veulent surtout pas relâcher la pression sur les entreprises laitières coupables, à leurs yeux, de prendre des aises avec l’accord interprofessionnel du 1 décembre dernier sur le prix du lait. C’est ce qu’ils ont fait savoir à l’issue d’une réunion syndicale, jeudi 5 mars à Rennes.
Dans le collimateur des syndicalistes de l’Ouest, les coopératives Glac (Charente-Maritime) et Eurial Poitouraine (Loire-Atlantique) qui ont annoncé il y a une semaine et demi leur décision de différer le paiement de 30 euros/1000 litres du premier sur le second trimestre. Pour l’heure, le syndicalisme de la FRSEA de l’Ouest se contente de multiplier les réunions d’information en direction des producteurs de lait adhérents des deux coopératives – mercredi 4 dans le Morbihan, et lundi 9 à la Roche-Sur-Yon (Vendée). Mais il n’écarte pas des actions de représailles pour montrer sa détermination, en particulier pour éviter la contagion à d’autres entreprises. Le vice-président du Glac, Jean-Marie Davion, donne rendez-vous aux producteurs le 30 juin prochain. « On verra alors ce que nous avons payé aux producteurs sur les deux premiers trimestres, et la réalité du marché, explique-t-il. Le syndicalisme ne veut pas comprendre que si la baisse du prix sur le second trimestre est trop forte, elle risque d’accélérer la déprise laitière dans notre région de collecte ». Sur le premier trimestre, GLAC prévoit de payer ses 3 000 apporteurs de lait 295 euros/1000 litres en moyenne.
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Douche froide
A l’entendre, si les indices de prix donnaient 250 euros de prix moyen sur le second trimestre, les 30 euros prélevés sur le premier trimestre permettraient de rendre plus agréable la douche froide au second. Dans le même temps, les discussions pour mettre en place de nouveaux indicateurs avant la fin mars – date au-delà de laquelle l’accord du 1 er décembre sera caduc –, « avancent à pas feutré », commente Bertrand Posté, délégué de la FNIL-Ouest (entreprises privées). Pour tout dire, elles sont largement perturbées par le contexte de prix des produits industriels, largement à la baisse. « Il y a plusieurs entreprises qui sont en difficulté pour payer le prix du lait issu de l’accord interprofessionnel du 1 er décembre » , poursuit M. Posté, sans divulguer aucun nom. Pas sûr que les représentants des producteurs et des transformateurs pourront attendre la prochaine réunion du comité interprofessionnel laitier de l’Ouest, prévue fin avril.