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Soja et déforestation : le Syndicat des fabricants d’aliments du bétail répond aux critiques

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Emmanuel Macron a reconnu une « part de complicité » de la France dans la déforestation de l’Amazonie via les importations de soja, dans son interview sur France 2 le 26 août, à propos des incendies au Brésil, même s’il reconnaît que « le soja, on en a besoin aujourd’hui en Europe ».

« La France n’a pas le pouvoir de faire infléchir le Brésil » pour freiner la déforestation de l’Amazonie, a répondu François Cholat, président du Snia (fabricants d’aliments du bétail) lors d’une conférence de presse le 28 août. « La France importe 3,5 Mt de soja, dont deux tiers du Brésil », alors que ce pays en produit environ 90 Mt. « En 15 ans, nous avons divisé notre consommation de soja par deux, en le remplaçant par du colza et du tournesol », a rappelé Jean-Michel Boussit, vice-président du Snia. 80 % des matières premières utilisées en alimentation animale proviennent de France, a rappelé le syndicat. D’après les fabricants, le soja reste indispensable pour l’alimentation animale en raison de ses qualités nutritionnelles.

Les industriels réunis au sein de la plateforme Duralim se sont fixé un objectif : que 100 % de leur approvisionnement soient issus de zones non déforestées d’ici 2025. Une convention a été signée avec l’association Earthworm pour cartographier les zones d’approvisionnement au Brésil. Un engagement qui date de… janvier 2018.

Le Snia, peu coutumier des prises de position politique, s’est aussi élevé contre « les attaques anti-élevage ». « L’élevage français est en péril », s’est exclamé François Cholat. « Un de nos collaborateurs a été menacé par téléphone, il y a eu un appel au suicide, s’est-il indigné. Le dépôt de plainte est en cours. »

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« En 15 ans, nous avons divisé notre consommation de soja par deux »

Emmanuel Macron veut « recréer une souveraineté protéinique en Europe »

Le président de la République a appelé à « recréer la souveraineté protéinique de l’Europe » dans son interview sur France 2 le 26 août. Le gouvernement doit présenter sa stratégie protéines en septembre ou octobre. Il s’agit pour l’UE de ne « pas être trop dépendante » vis-à-vis du soja importé. Cette « dépendance en termes de protéines » est liée à « un vieil équilibre qui a été conclu dans les années soixante entre l’Europe et les États-Unis », a insisté M. Macron, considérant que « c’est un très mauvais choix »

Des propos salués par le président de la Fop (producteurs d’oléoprotéagineux) Arnaud Rousseau : « Les producteurs sont prêts à relever le défi du plan protéique », a-t-il réagi sur Twitter. Le ministère de l’Agriculture doit dévoiler à l’automne un nouveau plan protéines. Au contraire, Greenpeace considère qu’il s’agit d’une orientation « irréaliste » dans un communiqué du 27 août : « Acquérir une souveraineté protéique, si chère au président français, ne pourra se faire qu’en réduisant notre production de viande, d’œufs et de produits laitiers. »