Alors que l’Anses recommande de ne pas servir d’aliments à base de soja en restauration collective pour éviter une surconsommation d’isoflavones, dans des travaux publiés le 24 mars évaluant le risque lié à ces molécules phytoœstrogènes, malgré l’opinion divergente exprimée par deux experts qui ont refusé de valider les conclusions, Sojaxa (association pour la promotion des aliments au soja) et Terres Univia (interprofession des huiles et protéines végétales) ont sollicité un rendez-vous avec l’agence sanitaire. Sojaxa et Terres Univia « s’étonnent de [sa] position, qui diverge des recommandations émises par d’autres autorités de santé européennes qui accordent toute leur place aux produits à base de soja dans une alimentation équilibrée », selon un communiqué du 26 mars. Ces organisations citent l’exemple de l’Allemagne où « la Société allemande de nutrition (DGE) recommande dans ses lignes directrices nutritionnelles de mars 2024 la consommation de produits à base de soja pour leurs apports en protéines ». Elles estiment aussi « essentiel de comprendre pourquoi la balance bénéfices-risques n’a pas été prise en compte ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Cette critique était déjà formulée par les deux experts, en désaccord. « Ces recommandations, expliquent ces derniers dans le rapport, fondées sur des extrapolations à partir d’études animales, nous paraissent discordantes avec les études épidémiologiques humaines qui suggèrent une association favorable entre la consommation d’isoflavones par les adultes et des bénéfices pour la santé, notamment une réduction des risques de décès par cancer et par maladies cardiovasculaires jusqu’à une consommation d’au moins 50 mg d’isoflavones par jour. » De son côté, le Parti animaliste a dénoncé une « position incompréhensible de l’Anses sur le soja », sur Facebook le 25 mars.