Alors que des élections de mai prochain approchent au Royaume-Uni et que David Cameron, actuel Premier ministre, appelle à un référendum national sur les relations avec l'Union européenne en 2017, les professionnels de l'agroalimentaire lèvent le voile sur les vrais enjeux économiques de cette décision.
Selon Food Manufacture, la chambre de commerce britannique (BCC) a déjà demandé que le référendum, s'il a lieu, soit avancé au plus tôt dès 2016. « Nous vivons dans l'incertitude économique, et ce n'est pas bon du tout pour les affaires », a déclaré John Longworth, patron de BCC. L'organisation représente des milliers d'entreprises sur le territoire britannique et écossais pour un ensemble de 5 millions d'employés. Selon Tracey Cranney, manager des opérations chez Qadex, société de conseil en agroalimentaire, hygiène et technologie, « les industries agroalimentaires britanniques et écossaises sont déjà submergées par les législations européennes. Une sortie de l'UE entraînerait une zone grise de conformité ». Selon elle, les points de pression sont déjà nombreux à affecter sur l'agriculture et l'agroalimentaire au Royaume-Uni : augmentation des audits sanitaires spontanés, manque de ressources dans les entreprises, changements réglementaires fréquents, écarts de compétences...
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« Le référendum est une menace énorme pour l'industrie agricole et agroalimentaire britannique et écossaise », poursuit Tracey Cranney. « Le Royaume-Uni ne peut pas financer l'agriculture au même niveau que l'UE. Quitter l'UE aurait pour conséquence de changer radicalement et de manière irrévocable le modèle économique de l'industrie agroalimentaire britannique et écossaise. Ce à quoi l'IAA doit se préparer ». La majorité des membres de la chambre de commerce britannique souhaitent rester dans l'Union européenne mais sans poursuivre une intégration poussée et surtout sans rejoindre la zone euro. Pour Richard Locchead, secrétaire du gouvernement écossais en charge des affaires rurales et agricoles, « le référendum est un pari à 27 milliards d'euros sur le futur de l'agriculture britannique et écossaise ».