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Stratégie Soufflet est ouvert à la vente de Pomme de pain

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Le groupe Soufflet pourrait céder son enseigne de restauration rapide Pomme de pain, suite à la cession de Le Crobag au début de l’année. En 2017/2018, Soufflet a réalisé une légère progression de son chiffre d’affaires à 4,448 Mrd€, grâce à une récolte bien meilleure que l’année précédente, en dépit d’une baisse des cours et de difficultés logistiques. Le groupe prévoit des investissements très importants dans la malterie.

À l’occasion de la présentation de son rapport d’activité 2017/2018 (exercice clos au 30 juin), Jean-Michel Soufflet, le président du directoire, s’est montré ouvert à la cession de la chaîne de restauration rapide Pomme de pain. Interrogé sur une cession de l’enseigne, il a répondu : « Si nous avons une offre, pourquoi pas ? ». Et de rappeler que le groupe Soufflet exerce beaucoup de métiers différents et que « c’est compliqué ».

Les points de vente de l’enseigne bénéficient d’une nouvelle carte, et ceux qui ont déployé le nouveau concept commercial (la Maison du sandwich) réalisent un chiffre d’affaires en hausse moyenne de 10,6 %. Très implanté en centres commerciaux et en centres-villes, Pomme de pain poursuit les ouvertures en France et à l’étranger et s’installe peu à peu dans les gares et sur les aires d’autoroutes. Mais chaque rénovation mobilise des fonds importants (35 % du parc réalisé, 60 % au 30 juin 2019), a souligné Jean-Michel Soufflet.

Pomme de pain compte 122 restaurants dont 59 succursales, 38 franchises et 25 concessions, et a réalisé en 2017/2018 un chiffre d’affaires HT de 33,8 millions d’euros.

Restructuration chez Neuhauser

En mars dernier, Soufflet a cédé à l’italien Autogrill son autre chaîne de restauration rapide, Le Crobag, implantée en Allemagne, en Autriche et en Pologne. Le Crobag, comme Pomme de Pain, est entré dans le giron de Soufflet à l’occasion de l’acquisition de Neuhauser. Cette entreprise, dont les difficultés sont apparues plus importantes que prévu lors de l’acquisition en 2014, est toujours en cours de restructuration.

En 2017/2018, la branche BVP de Soufflet, représentée par Neuhauser, a vu ses ventes baisser à 413,3 M€ (contre 436,5 M€ en 2016/2017). Plusieurs sites français ont été fermés, mais l’activité du site au Portugal est très rentable au point que le groupe étudie une extension de l’usine. « Le meilleur Ebitda du groupe est réalisé avec l’activité de Neuhauser au Portugal alors que le pire est réalisé par la branche française de l’entreprise », a souligné Jean-Michel Soufflet. « Cela a beaucoup pesé sur la rentabilité du groupe », a-t-il ajouté, sans pour autant communiquer sur la rentabilité de Soufflet. En 2016/2017, le groupe avait dégagé un Ebitda de 205 M€, après 210 M€ en 2015/2016. Soufflet investit régulièrement : ses investissements ont ainsi atteint 122 M€ en 2017/2018, après 110 M€ en 2016/2017.

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Investissements dans la malterie

La malterie, troisième activité de Soufflet en chiffre d’affaires avec 817 M€, va bénéficier d’investissements importants de l’ordre de 600 millions d’euros à l’international. « Nous avons un plan d’investissement ciblé sur la Russie, où l’on se concentre sur les malts spéciaux pour les petits brasseurs, la Bulgarie où on lance la construction d’un site qui remplacera nos deux usines, et un projet important en Ethiopie », a détaillé Christophe Passelande, directeur général des Malteries Soufflet.

L’Ethiopie, qui est la première implantation industrielle africaine du groupe, présente un fort potentiel : un marché important de 100 millions d’habitants, doté de ses propres ressources agricoles, et où plusieurs grands brasseurs se sont déjà installés. « Nous avons déjà commencé le travail avec les agriculteurs afin de cultiver des variétés nouvelles adaptées à la brasserie et à l’alimentation humaine car l’orge est consommée habituellement par les Ethiopiens », poursuit-il. Les travaux de l’usine vont commencer en janvier, près de la capitale Addis-Abeba, pour une entrée en production mi-2020. L’usine va connaître une montée en charge en deux phases : d’abord une capacité de 60 000 tonnes, puis 110 000 tonnes.

L’Afrique intéresse aussi Soufflet via sa filière blé, farine, pain. L’année a été marqué par l’entrée en fonction d’un silo « hyperproductif » avec une capacité de 63 000 t, situé à bord de quai de la Rochelle, facilitant les expéditions vers l’Afrique de l’Ouest. « Nous travaillons actuellement à la création d’un pôle, sans doute en Côte d’Ivoire, composé de bureaux, d’un laboratoire et d’un centre de formation », a expliqué Christophe Passelande.

Faible progression du chiffre d’affaires en 2017/2018

Le chiffre d’affaires du groupe Soufflet s’est légèrement redressé au cours de l’exercice 2017/2018 clos au 30 juin dernier pour atteindre 4,448 Mrd€ (dont 61 % à l’international), contre 4,359 Mrd€ l’année précédente, avec un périmètre presque identique si l’on exclut la cession de l’enseigne Le Crobag. Après une très mauvaise récolte céréalière en 2016/2017 (4,719 MT), la collecte s’est améliorée à 5,856 MT sur l’exercice 2017/2018, correspondant à un chiffre d’affaires de 1,721 Mrd€, dans un contexte marqué par des cours du blé orientés à la baisse. L’activité a souffert des perturbations logistiques en France (grèves SNCF et problèmes rencontrés sur les voies navigables) qui ont coûté « plusieurs millions d’euros au groupe » selon Jean-Michel Soufflet, président du directoire. L’activité de négoce, essentiellement orientée vers le marché français, a représenté un volume de 7,687 MT (1,4 Mrd€ de chiffre d’affaires). « L’objectif, pour la branche négoce, est d’arriver à 8 à 9 MT » a expliqué Jean-Michel Soufflet. La meunerie a atteint 892 000 T de farines vendues (369 M€ de chiffre d’affaires), « dans un marché toujours très compliqué, marqué par une offre excédentaire et souffrant de la très vive concurrence turque » a rappelé Jean-Michel Soufflet.