Tous les responsables politique, éleveurs, industriels, distributeurs ont eu beau jeu de répéter à l’envi et à l’unisson que la traçabilité de la viande française était irréprochable, bête par bête et muscle par muscle, rien n’y fera : le doute s’est installé. Et malgré le plan de communication déroulé qui, à juste titre, rappelle qu’il ne s’agit pas d’une crise sanitaire, le fait de substituer du cheval à du bœuf ne peut que renforcer les critiques contre la « malbouffe » et les mauvaises pratiques des industries alimentaires. Un coup extrêmement dur au moment où la France vante et met en avant la qualité et la traçabilité de ses produits pour conquérir les marchés extérieurs. Quand bien même, il sera prouvé qu’il s’agit de manœuvres frauduleuses dignes des mafias rompues à toutes les contrefaçons circulant dans le monde, le consommateur sera en droit de douter du professionnalisme d’opérateurs incapables d’identifier de la viande issue d’animaux fort différents, même sous la forme de « minerai ». Il est en droit de se poser des questions sur la performance des contrôles, encore davantage sur la pertinence des autocontrôles alors que la délocalisation des tâches tout au long de la fabrication se multiplie. Il va falloir passer à une nouvelle phase de communication de crise pour faire oublier les séquelles de cette affaire, quand bien même elle aurait pris une ampleur disproportionnée au vu des dangers encourus. Il a fallu du temps pour oublier les crises aviaires ou de la vache folle et faire tomber les embargos qui s’en sont suivis. Le plus dur est sans doute également à venir pour Findus, sans doute partiellement victime, mais qui avait aussi fait le pari de communiquer sur le made in France de ses produits issus de la pêche.

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