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St Mamet s’inquiète de la hausse de ses coûts de production

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Après une année 2020 faste du côté des ventes en grande distribution, le conserveur de fruits St Mamet constate une forte hausse de ses coûts de production en raison de la pandémie de Covid-19 et de l’épisode de gel tardif dans les vergers français.

L’approvisionnement en France est une force, mais peut aussi être une faiblesse. C’est le dilemme actuel que vit St Mamet, le conserveur basé à Vauvert, dans le Gard, contrôlé depuis la mi-2018 par Hivest Capital Partners (racheté à Florac). Certifié depuis peu PME + (label RSE porté par la Feef), un logo qui apparaît progressivement sur ses emballages, St Mamet est très engagé dans la RSE, notamment en s’approvisionnant en fruits français. « 70 % de nos approvisionnements en fruits viennent des vergers français, or ces vergers ont connu une perte d’environ 60 % liée à l’épisode de gel tardif », souligne Stéphane Lehoux, p.-d.g. de St Mamet, qui a noué un partenariat d’approvisionnement avec 150 arboriculteurs de Conserve Gard. « Nous pourrons produire seulement une partie de nos références à partir de fruits français, mais pour le reste, nous nous approvisionnerons surtout dans le sud de l’Espagne », poursuit-il. Une difficulté pour l’entreprise qui a beaucoup misé sur l’origine France, tant pour les ingrédients que pour la transformation.

La faible récolte attendue en France a des conséquences sur les prix à l’échelle européenne. « Nous constatons actuellement des hausses de prix de l’ordre de 40 à 50 % sur les pêches, les abricots et les poires par rapport à la normale », indique Stéphane Lehoux. À cela s’ajoutent des surcoûts sur les emballages, sans compter ceux liés au Covid-19 depuis le printemps 2020.

Après le Covid-19, le gel

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Car depuis plus d’un an, St Mamet fait face aux conséquences de la Covid-19. « Nous avons comptabilisé des surcoûts de 86 000 euros pour les équipements et les consommables pour lutter contre le virus et 130 000 euros en perte de productivité des salariés qui doivent passer plus de temps pour assurer les procédures sanitaires », indique Stéphane Lehoux. Ces surcoûts ont eu un impact sur la rentabilité de la société sur l’exercice en cours (clos le 30 juin 2021). À noter que St Mamet avait renoué avec la rentabilité au cours de l’exercice 2018/2019 (clos le 30 juin 2019).

Du côté du chiffre d’affaires, toujours sur l’exercice 2020/2021, il ressort en hausse de 4 % à 95 millions d’euros (par rapport à l’exercice précédent). Les ventes à la GMS (68 % du chiffre d’affaires) sont en hausse de 18 %, tandis que les autres circuits (RHD, export et les MDD) sont tous en baisse. « Le confinement, le télétravail, la méfiance envers les fruits frais non emballés et le regain de la cuisine à domicile ont été des facteurs d’explication de notre très forte hausse des ventes en grandes surfaces depuis un an », explique Stéphane Lehoux. Ces tendances se poursuivent aujourd’hui, les Français ayant pris de nouvelles habitudes.

Pour l’instant, l’impact du gel, et ses conséquences sur la rentabilité de St Mamet, est la principale préoccupation de Stéphane Lehoux. Saluant le soutien de l’État, il demande que les négociations commerciales avec la grande distribution, terminée en mars, puissent être rouvertes suite à cet événement climatique exceptionnel. Sans vouloir avancer de chiffre précis sur sa demande de revalorisation de ses tarifs auprès de la grande distribution, Stéphane Lehoux indique qu’il s’agit « d’une hausse à deux chiffres ».