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Starfish Bioscience lève des fonds pour accélérer sa compréhension des microbiotes de sols

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Sandrine Claus, fondatrice et CEO de Starfish Bioscience Crédits : © Starfish

Starfish Bioscience vient de lever 900 K€ auprès de Seventure Partners pour finaliser la constitution d’un atlas des bactéries présentes dans les sols et accélérer le développement de solutions destinées à restaurer le microbiote des sols. 

Starfish Bioscience, spécialiste des biostimulants microbiens visant à restaurer l’écosystème des sols, vient d’annoncer une levée de fonds d’amorçage de 900 000 euros auprès de Seventure Partners, investisseur pionnier le domaine du microbiome avec ses fonds Health for Life Capital. La start-up compte dans un premier temps utiliser ces fonds pour « finaliser la constitution d’un atlas des bactéries des sols et renforcer ses équipes », précise-t-elle dans son communiqué du 6 février 2024.

Sandrine Claus, fondatrice et CEO de Starfish Bioscience étudie depuis une vingtaine d’années les microbiotes appliqués à la santé humaine et animale. Cette dernière a constaté que « faute d’avoir pu utiliser les technologies éprouvées dans l'industrie pharmaceutique pour pouvoir identifier les bactéries, on ne connaissait que 1% des bactéries des sols. L’innovation portée par Starfish est pionnière parce que personne jusqu’à maintenant n’a étudié suffisamment en profondeur le microbiote des sols pour identifier ce qu’on appelle les espèces clé de voûte. Ce concept qui existe depuis les années 1970 a été théorisé par un grand écologue américain, Robert Paine, qui a démontré que dans tout écosystème, il existe des espèces (1) clé de voûte qui portent des fonctions uniques. Et ce dernier a prouvé que si l’on retire ces espèces, on assiste à une modification très importante de l’écosystème ». 

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L’objectif de Sandrine Claus en créant Starfish vise donc à transposer ces technologies bien connues en pharmacie, afin d’identifier les bactéries clés de voûte encore inconnues aujourd’hui et ainsi régénérer les microbiotes des sols. « Des technologies à très haute résolution et donc couteuses, mais j’ai la chance de travailler avec Seventure Partners, un fonds spécialisé dans les biotech travaillant sur les microbiomes, qui comprend notre besoin d’investissement pour constituer ce catalogue unique, précise-t-elle. 

Un premier biostimulant microbien pour les vignes en 2025

Pour constituer son atlas des sols, Starfish part d’une cartographie du microbiote des sols fournie par l'Inrae, « une base d’assez faible résolution », mais unique au monde et suffisante pour mettre en évidence que la viticulture en France était l’une des cultures les plus appauvries en termes de microbiote des sols. « Le travail effectué par l’Inrae a permis de comprendre la structure globale des écosystèmes, de savoir quelles bactéries sont présentes dans les sols. En utilisant cette fois des technologies de séquençage à très haute résolution, nous pourrons chercher et comprendre la fonction exacte des bactéries clés de voûte à l’intérieur de ces écosystèmes ».

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Startfish a choisi de développer sa première solution pour restaurer la diversité microbienne de la viticulture et de ses différents terroirs. Une fois les bactéries identifiées, elles seront isolées puis mises en culture à l’échelle industrielle, pour arriver à une poudre mouillable, facilement utilisable par le viticulteur. Starfish proposera ainsi un produit spécifique pour chaque type de sol, « sachant qu’un producteur dans le Languedoc peut avoir un problème de sécheresse, alors qu’un viticulteur en Bourgogne peut être concerné par les problèmes d’érosion », détaille la dirigeante, qui est actuellement en discussion pour nouer des partenariats avec de grands châteaux. 

« Nous visons une première bactérie candidate identifiée d’ici à la fin de l’année, pour démarrer nos essais dans les vignes avec notre premier biostimulant microbien l’an prochain. L’idée est d’obtenir une autorisation de mise sur le marché (AMM) d’ici trois ans. Actuellement, la réglementation des matières fertilisantes en Europe autorisant seulement quelques micro-organismes connus, « nous devrons déposer un dossier auprès de chaque Etat membre où nous souhaiterions commercialiser notre futur produit », poursuit la fondatrice de Starfish.

(1) Robert Pain a travaillé sur l’étoile de mer (pas sur des bactéries), d’où la start-up Starfish tire son nom.