Selon une étude rendue publique lors du conseil spécialisé horticole de FranceAgriMer (FAM) le 11 juin, le secteur horticole est en berne. La production est morose, avec un nombre d'entreprises et des résultats en recul et les achats des ménages sont en baisse.
L'Observatoire structurel des entreprises de l'horticulture et des pépinières a recensé 4154 horticulteurs et pépiniéristes en activité à la fin 2014, selon une étude présentée le 11 juin, soit 8% de moins qu'en 2012, avec une baisse régulière de 4% par an. Ce rythme de disparition s'est accéléré : on constatait en moyenne 3% de baisse chaque année avant 2012. Le conseil spécialisé horticulture FAM prévoit un mieux en 2015, estimant que 2014 sera « l'année noire ». Les disparitions d'entreprises, en cessation de paiement ou par sortie choisie, ne concernent plus uniquement les petites structures. Les statistiques révèlent que les entreprises de tailles moyenne et grande sont désormais également touchées : c'est le cas de certaines structures qui « constituaient encore récemment des références régionales ou nationales ». Les surfaces consacrées à l'horticulture ont perdu 1000 ha, soit 6% depuis 2012.
Le chiffre d'affaires national « production » (ventes de végétaux produits sur l'exploitation) s'élève à 1 306 millions d'euros HT, soit 10% inférieur à celui constaté en 2012, avec une baisse régulière de 5% par an. Le chiffre d'affaires global de l'activité horticole diminue moins (-4,2% par rapport à 2012) à 1 574 millions d'euros. Une baisse moindre qui s'explique par la diversification des activités des entreprises horticoles (services ou commerce). Selon les conclusions de FAM, « à l'instar de l'ensemble de l'économie, le secteur souffre des effets de la crise et de la concurrence de produits d'importation très compétitifs en prix ».
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Ventes des producteurs et achats des ménages, des chiffres en recul
35 % des ventes sont effectués par les producteurs dans un rayon de 10 km. Ces ventes dites « locales » restent majoritaires, mais perdent 8% par rapport à 2012. Les ventes régionales (zone de 200 km), font quasi jeu égal. Elles baissent de 3,2% seulement et représentent désormais 33,7% des ventes. Seules les ventes en France, au delà de 200 km, voient leur part progresser de 1% atteignant 26%. Les ventes intra-européennes et à l'export diminuent quant à elles de près de 10% chacune. Les ménages achètent de leur côté de moins en moins de végétaux, selon une étude TNS Sofres pour FAM et Val'hor. Pour la 3e année consécutive, les quantités achetées en France ont diminué. Elles perdent, en 2014, 6,4% par rapport à 2013, s'élevant à 517 millions d'entités. La somme globale dépensée par les ménages baisse dans une moindre mesure, de 2,3%, représentant 3061 millions d'euros. Un engouement pour les circuits courts apparaît : seules les exploitations et les coopératives ont vu leur fréquentation augmenter en 2014 (+1%) mais ces circuits restent encore marginaux (22% des acheteurs se sont rendus dans une exploitation en 2014, 14% dans une coopérative) par rapport aux fleuristes (60%) et à la grande distribution (56%).