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Stéphane Travert insiste sur les questions sociales devant les sénateurs

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Auditionné par la commission des affaires économiques du Sénat le 19 juillet, le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert s’est exprimé sur plusieurs sujets d’actualité : les États généraux de l’alimentation (EGA), le prix du lait, la gestion des aléas, le vin espagnol, les retraites et les biocarburants. En mettant le volet social au sens large (partage de la valeur, revenu, emplois, installation) au centre de ses préoccupations.

« La succession des crises fragilise l’attractivité française. L’enjeu social doit être au cœur de nos préoccupations », a déclaré Stéphane Travert en préambule de son intervention à la commission des affaires économiques du Sénat, la veille de l’ouverture des EGA. De fait, derrière la plupart des sujets qu’il a traités, se profilaient les questions de partage de la valeur ajoutée, de niveau de revenu et de retraite, d’emplois, d’installation des jeunes agriculteurs, d’attractivité des métiers, et en fin de compte d’attractivité des produits français sur les marchés extérieurs.

Lait : « Je souhaite que nous ayons un volet social qui soit fort »

Ainsi, à propos des EGA, est revenue cette question obsédante : « Comment mieux répartir cette valeur ajoutée ? ». Les producteurs et les consommateurs ont des intérêts communs « et parfois l’ignorent ». Il a déclaré qu’à titre personnel il est « pour une révision de la LME », mais que le curseur de l’adaptation de la LME sera fixé par les EGA. En tout cas, « le rôle des OP (organisations de producteurs) sera renforcé ».

Le ministre a insisté sur les difficultés des éleveurs laitiers. « Quand on a une paye de lait à 280 € les 1 000 litres, et que le coût de revient est au-delà de 350, comment fait-on ? Peut-on encore accepter cela dans notre pays ? C’est pourquoi je souhaite que nous ayons un volet social qui soit fort. Quel salarié ou quel chef d’entreprise accepterait aujourd’hui de travailler 80 heures par semaine pour un salaire de 800 à 900 € par mois ? »

De même, concernant les retraites, « on ne peut se satisfaire d’avoir des montants » actuels. « Je souhaite ouvrir dans les semaines à venir un débat sur le volet social ». L’engagement du président de la République, a-t-il précisé, c’est la réforme des régimes, « qui sera le grand chantier » (« 1 euro cotisé donne les mêmes droits pour tous »), puis une revalorisation significative.

Faciliter la construction de retenues d’eau

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Sur la gestion des risques, parmi la palette des outils de toute nature, « j’ai demandé aux services du ministère de l’Agriculture de travailler avec les professionnels pour définir ce que l’on pourrait appeler une stratégie nationale des risques ». Dans ce cadre, sur l’approvisionnement en eau, « nous allons introduire, dans le plan de simplification, des outils de gestion de l’eau qui doivent permettre de faciliter la construction ou l’élaboration de retenues collinaires, en y travaillant de façon sereine ». Répondant à plusieurs questions de parlementaires sur le stockage de l’eau, il a rappelé l’objectif de la France, « faire sur de petites bases, des retenues » et a indiqué qu’après le rapport du CGAAER sur le stockage de l’eau, un travail législatif sera mené à l’automne pour trouver des solutions rapides sur ce sujet.

Dans le secteur viticole, le ministre a indiqué que le mécanisme des achats de raisin par des viticulteurs en déficit du fait d’un accident climatique (gel, grêle) dispose désormais d’une base légale stable pour la vendange prochaine. Un arrêté est en cours de préparation à cet effet.

Concernant les importations de produits espagnols, Stéphane Travert a informé que le comité mixte franco-espagnol se réunira le 25 juillet, tant sur le vin que sur les fruits et légumes, avec en arrière-fond l’impossibilité pour le modèle français de suivre les faibles coûts de production espagnols.

Biocarburants : objectif d’autonomie protéique et énergétique

Quant aux biocarburants, Stéphane Travert a affirmé : « Pour atteindre l’objectif ambitieux de 15 % d’énergie renouvelable dans les transports en 2030, nous avons besoin des biocarburants de première et seconde générations. Donc nous défendons, et je défends le maintien du plafond (d’incorporation) à 7 % » dans les carburants. Cela pour soutenir l’investissement, l’emploi par les filières et l’autonomie européenne, tant protéique (à travers les tourteaux) qu’énergétique (à travers les carburants renouvelables).

"Qui accepterait aujourd’hui de travailler 80 heures par semaine pour un salaire de 800 à 900 € par mois ? »