Abonné

Stéphane Travert temporise au Sommet de l’élevage

- - 5 min

Sommé d’annoncer de nouvelles mesures en faveur des éleveurs touchés par la sécheresse, le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert a simplement annoncé, lors de sa visite au Sommet de l’élevage, un réexamen de la situation sur la base des informations qui seront remontées des départements au 12 octobre. Concernant la révision du plan loup demandée par les syndicats, il s’est contenté de faire référence à un seuil de « 500 loups » à atteindre.

Quelques dizaines d’« éleveurs en colère » de la FRSEA et des JA d’Auvergne-Rhône-Alpes ont accueilli Stéphane Travert à son arrivée au Sommet de l’élevage, le 4 octobre. Ils lui ont remis un pipeau pour lui signifier qu’il « y en a assez des paroles ; on veut des actes » et un coton-tige gros comme le bras, afin qu’il puisse « déboucher ses oreilles ». Quelques sifflets, quelques cris, quelques minutes de discussions puis le ministre a pu démarrer, sans autre difficulté, sa déambulation dans les allées du salon.

Un « risque de décapitalisation »

Stéphane Travert, qui avait été interpellé la veille par les dirigeants de la FNSEA sur la gravité de la sécheresse, n’a pas formellement annoncé de mesures nouvelles. Devant la presse, il a rapidement rappelé les dispositions nationales et communautaires déjà adoptées et assuré qu’il « ne sous-estimait pas » la situation. « Tous les départements sont mobilisés pour nous faire remonter l’ensemble des données au 12 octobre. Au vu de la situation, nous pourrons déclencher les soutiens nécessaires à ceux qui sont en difficulté. »

« Les éleveurs ne passeront pas cette sécheresse exceptionnelle sans soutien financier fort. On va vers neuf mois d’hiver. On ne sait pas faire », avait déclaré le 3 octobre Jérôme Despey, secrétaire général de la FNSEA. « Le ministre est alerté depuis le début de l’été. Il nous écoute mais ne nous répond pas », a regretté Jérôme Despey, en rappelant les principales revendications du syndicat : une avance de 90 % des aides Pac au 15 octobre, une exonération de taxe sur le foncier non bâti (TFNB) – « systématique dans les 48 départements les plus touchés », a précisé Christiane Lambert, présidente de la FNSEA – et des allégements de charges sociales. Jérôme Despey s’est dit « très inquiet d’un risque de décapitalisation », faute de fourrages et d’aliments pour nourrir les animaux.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

« 500 loups, le seuil à atteindre »

« Le nouveau plan loup correspond à une protection du prédateur, pas de l’éleveur », a dénoncé Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA, le 3 octobre au Sommet de l’élevage. Rendez-vous est pris le 8 octobre avec le nouveau ministre de l’Environnement pour lui demander la « réouverture du plan loup », l’autorisation du « tir de défense renforcée dès la première attaque » et l’utilisation de fusils à visée nocturne. De la même manière, la FNSEA est « strictement opposée à la réintroduction de l’ours, dans les Pyrénées ou ailleurs ». Le lendemain, Stéphane Travert s’est dit « très attaché à l’agropastoralisme » tout en rappelant que la France est tenue par des conventions européennes et internationales qui fixent « à 500 loups le seuil à atteindre » (voir article dans ce numéro). Il a « salué le travail du préfet coordonnateur » et espéré qu’il « trouve les bonnes combinaisons ».

Anti-viande : la FNSEA veut une « commission d’enquête parlementaire »

La FNSEA souhaite « une commission d’enquête parlementaire » sur les associations anti-viande dont des militants dégradent boucheries et commerces alimentaires, a déclaré Christiane Lambert, le 3 octobre au Sommet de l’élevage. Elle a dénoncé la « propagande insensée de 1 % de Français » anti-viande, leurs propos d’une « incroyable violence » et la « dangerosité » des rassemblements qu’ils organisent. « Stop, ça suffit. Nous craignons des frictions voire plus avec les éleveurs. L’État doit faire régner l’ordre. Seul Stéphane Travert s’est exprimé », a pointé Christiane Lambert, en dénonçant « l’inertie du ministre de l’Intérieur ». Elle a par ailleurs annoncé qu’elle se rendrait, le 5 octobre, à l’abattoir du Haut-Valromey (Ain), victime d’un incendie « probablement criminel » dans la nuit du 27 au 28 septembre, en signe de solidarité avec l’entreprise et les éleveurs concernés. Pour sa part, Stéphane Travert a redit sa « condamnation de tout acte de violence » et regretté la « confiscation du débat et l’attitude de certaines associations ».