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Stokelp a levé des fonds pour déployer sa solution anti-gaspi en Europe

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Tanguy de Cottignies et William Launay, les cofondateurs de Stokelp (de gauche à droite) Crédits : © stokelp

Stokelp, la marketplace qui permet aux industriels de l'agroalimentaire de revendre leurs surstocks de matières premières et donc d'éviter le gaspillage, vient de lever 3 millions d'euros auprès de plusieurs fonds d'investissement. La plateforme compte étendre ses activités en Europe, Allemagne et Pays-Bas pour commencer, et réfléchit déjà à une autre offre qui répondra aux problèmes des surstocks dans leur globalité.

Stokelp a annoncé le 13 juillet 2023 la finalisation d’une levée de fonds d’amorçage de 3 millions d’euros réalisée auprès de OneRagtime, AFI Ventures (le fonds impact early-stage de Ventech), Rothschild & Co et Better Angle. Un financement qui doit lui permettre de déployer sa solution anti-gaspi pour aider des industriels de l’agroalimentaire à mieux valoriser et gérer leurs surstocks de matières premières, essentiellement fruits et légumes, viandes et poissons, essentiellement surgelés.

S’il existe différentes solutions pour éviter le gaspillage alimentaire des produits finis, très peu, voir aucune, concernent les matières premières utilisées par les industriels. Entre 10 et 15% de ces surstocks seulement peuvent être revalorisés, notamment via le petfood ou la méthanisation, le reste partant à l’incinération. D’où l’idée des cofondateurs William Launay et Tanguy de Cottignies, après presque 20 ans d’expérience cumulée dans l’agroalimentaire et donc directement confrontés à cette problématique, de créer Stokelp en septembre 2021. Stokelp « c’est un peu le bon coin pour les industriels de l’agroalimentaire, avec beaucoup plus d’options et de garanties », lance Tanguy de Cottignies. Chez Stokelp, nous allons plus loin qu’une marketplace classique, nous gérons tous les contrôles qualités, numéros de lots et analyses chimiques. Nous assurons aussi la partie logistique que nous sous-traitons intégralement au groupe Stef et nous nous occupons également de la partie négoce.

Concrètement, la création d’un compte par un client ayant un surstock à vendre génère automatiquement des demandes administratives et techniques de vérifications afin de valider la mise en ligne de son offre. « Grâce à notre algorithme interne, le lot va être poussé automatiquement chez tous nos clients susceptibles d’être intéressés », précise Tanguy de Cottignies. Et c’est là que les commerciaux de Stokelp entrent en jeu « pour trouver le meilleur compromis en termes de prix entre l’acheteur et le vendeur. Ils jouent parfois un rôle de modérateur, la seconde main en alimentaire n’existant pas, la seule référence dont dispose le vendeur est le prix auquel il a acheté la marchandise et auquel il aimerait revendre ».

Au final, « les prix proposés sont environ 30 % moins chers en moyenne que ceux du marché », précise la start-up. Stokelp, qui se rémunère par une commission sur chaque transaction, « a un business model plutôt sain dans la mesure où nous arrivons à générer du cash, avec une rentabilité sur le partie commerciale », indique encore le responsable.

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Un déploiement en Allemagne et aux Pays-Bas

Aujourd’hui la plateforme compte 2000 industriels dont 10% en dehors de la France. Les fonds levés vont permettre à Stokelp d’accélérer son développement en Europe et « d’ouvrir une troisième verticale sur les ingrédients d’épicerie secs, type huiles, sucres, farines, épaississants… », énumère Tanguy de Cottignies, avec une préférence pour les matières premières à forte valeur ajoutée. La nécessité de valoriser ce type de produits, plutôt que de les jeter est d’autant plus forte ».

Le déploiement en priorité en Allemagne et aux Pays-Bas nécessitera d’embaucher des personnes sur place qui connaissent le marché pour mieux démarcher les clients. Au total, l’équipe actuellement composée de 13 personnes, devrait en compter une vingtaine à la fin de l’année.

Et d’ici 2025, les cofondateurs de Stokelp veulent trouver une solution qui prendrait le problème dans sa globalité. « Aujourd’hui, on s’attaque à la partie émergée de l’iceberg. Mais s’il y a autant de surstocks et donc de gaspillage, c’est peut-être que le système d’achat n’est pas ou plus adapté au contexte de marché aujourd’hui », explique Tanguy de Cottignies.

L’idée à terme serait d’avoir une plateforme qui permette de gérer les achats de manière responsable. « En clair, un industriel déposera sa liste de besoin sur la marketplace, et si elle ne peut être totalement couverte par des surstocks, nous lui proposerons des alternatives avec du sourcing local à l’échelle européenne, tout en réduisant les chaines d’intermédiations qui n’ont pas évolué depuis des décennies. Nous travaillons à une solution pour 2025 », termine le cofondateur.