Tereos va investir 800 M€ pour réduire l’empreinte carbone de ses usines européennes d’ici 2033. Parallèlement, le groupe cible une baisse de 36 % des émissions de ses activités agricoles, via une approche « bas carbone ».
Dans un communiqué du 21 mars, le groupe sucrier Tereos a annoncé qu’il investira 800 M€ dans les sucreries, distilleries, amidonneries et unités de déshydratation pour réduire de 65 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) de ses usines européennes d’ici 2033, par rapport à son exercice 2022-2023. À l’échelle internationale, cette trajectoire de décarbonation vise à atteindre d’ici 2050 au plus tard « zéro émission nette de GES sur l’ensemble de la chaîne de valeur », ajoute Tereos.
Transformer des betteraves en sucre et du maïs en amidon est un processus très énergivore, et les usines de Tereos sont parmi les plus émettrices de GES de l’industrie agroalimentaire, selon un rapport du réseau Action climat publié en juin 2023. En 2022-2023, le bilan carbone du groupe s’élevait à 8,7 Mt d’équivalent CO2, précise le directeur général de Tereos, Olivier Leducq, à l’AFP. Près d’un tiers est dû à la consommation énergétique des usines, aujourd’hui très dépendantes du gaz fossile.
Un « vaste » programme d’électrification
Aussi, l’entreprise a élaboré « un vaste programme de réduction des consommations énergétiques […] et d’électrification des procédés de production ». « Grâce aux travaux envisagés, nous allons diviser par quatre notre consommation de gaz et multiplier par deux la consommation d’électricité », affirme M. Leducq à l’AFP. Par ailleurs, le groupe prévoit un usage « très limité de la biomasse », une fois les besoins énergétiques des sites « réduits au maximum », et ce pour « ne pas peser sur des ressources déjà sous tension ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En plus d’aspirer à décarboner ses activités industrielles, Tereos vise parallèlement une réduction des émissions de GES de 36 % de ses activités agricoles d’ici 2033, via une approche bas carbone (diminution des engrais azotés, développement d’intercultures longues…). Pour l’heure, 47 % des émissions totales du groupe sucrier proviennent des GES relâchés pour produire les matières premières agricoles qu’il transforme ; notamment au moment de l’épandage d’engrais azotés. Dès cette année, il financera 1000 bilans carbone qui seront réalisés à l’échelle des exploitations de ses coopérateurs.
« La massification des projets d’agriculture régénératrice et bas carbone en collaboration avec tous les acteurs de l’amont à l’aval, doit permettre […] le développement d’un modèle agricole plus résilient et plus rémunérateur pour nos coopérateurs », souligne Gérard Clay, président de Tereos. Récemment, le cabinet d’analyses économiques Xerfi relevait pourtant dans une étude que les sucriers et amidonniers français Tereos, Cristal Union et Roquette étaient peu avancés en matière d’engagement en faveur de leur décarbonation.