Le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie proposera « un plan d’action opérationnel » visant à prévenir les suicides d’agriculteurs « dans les prochains mois ». C’est ce qu’a annoncé le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 2 décembre, quelques heures après la remise d’un rapport sur le sujet par le député Olivier Damaisin (LREM, Lot-et-Garonne). « Le rapport d’Olivier Damaisin rappelle que prévenir, détecter, remettre l’humain au cœur des relations, tout en accompagnant les agriculteurs dans leur quotidien doivent constituer un engagement fort de l’État. Nous allons nous y atteler dès à présent pour proposer un plan d’action concret, fondé sur les propositions de ce rapport », a déclaré M. Denormandie cité dans le communiqué. Le plan d’action sera conçu avec les ministères de la Santé et du Travail et impliquera « chaque acteur concerné, dans sa pratique professionnelle, dans son lien social, dans son rapport économique avec les agriculteurs, mais également dans sa perception de la réalité du travail agricole », précise le communiqué.
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Pistes de financements
Si pour l’instant le ministère de l’Agriculture n’a pas donné plus détails sur les mesures qui seront mises en place et les financements qui y seront associés, Olivier Damaisin fournit plusieurs pistes dans la septième recommandation de son rapport. Tout d’abord, il préconise d’intégrer « explicitement » les missions d’écoute et d’accompagnement d’exploitants en difficulté dans la prochaine convention d’objectifs et de gestion (COG) passée entre l’État et la Mutualité sociale agricole (MSA), tout comme le dispositif existant d’aide au répit. Pour les agriculteurs en épuisement professionnel, il propose d’assouplir les conditions de financement du service de remplacement : « une réflexion pourrait être menée pour allonger sous conditions la durée et réduire la part de financement qui incombe à l’agriculteur », explique M. Damaisin. Le député estime aussi que le travail des associations locales « mérite un soutien financier », quand elles ne sont pas gérées par un collectif national et que leur action s’inscrit dans un projet territorial « coordonné ». Enfin, il préconise de mobiliser les organismes de formation professionnelle (Vivea, Ocapiat) sur la prévention du mal-être et du suicide.