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Surus Connect débute la vente de ses boitiers anti-accidents

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Fixé sur le téléphone ou sur une machine, le boitier de Surus Connect détecte les incidents et les situations à risque. Crédits : © Surus Connect

Lancé en 2022, Surus Connect veut répondre aux accidents du travail en agriculture avec un boitier connecté aux téléphones et aux machines. Elle commence à commercialiser ses solutions en Nouvelle Aquitaine. 

Qu’il soit en contact quotidien avec des animaux ou des machines, l’agriculteur connaît encore des taux d’accidents du travail élevés. La start-up Surus Connect (anciennement TouRoule), cofondée par Eliot Dupré, Hugo Rey Mesado et AgriLife Studio, propose une solution innovante pour améliorer la sécurité des agriculteurs et de leurs salariés. 

Ingénieur agronome de formation, Eliot Dupré a voulu « aider l’agriculture à rattraper son retard par rapport à d’autres industries, comme le gaz ou la chimie, où la sécurité est au centre des discussions dès le début ». Son outil se présente sous la forme d’un petit boitier connecté, fixé sur la coque d’un téléphone ou à une machine agricole. Sans piles, il fonctionne même dans les zones blanches, grâce à l’utilisation des ondes radio. 

Lire aussi : TouRoule, la solution pour prévenir les accidents en milieu agricole 

Ce boitier inclut un dispositif d’alerte pour les travailleurs isolés (DATI), en cours de brevet, qui permet d’alerter rapidement en cas d’accident, comme une chute, un choc ou un accident avec une machine. « Grâce à des algorithmes apprenants, les fausses alertes sont minimisées, avec une seule fausse alerte en six mois de tests », assure le cofondateur. 

Il est aussi possible de fixer le boitier bleu clair de Surus Connect sur de nombreuses machines agricoles. « Nous avons développé plusieurs familles de récepteurs pour se fixer sur les différents  types de machines, comme une chaîne d’embouteillage ou une sauterelle en viticulture », explique Eliot Dupré. « En cas d’incident, le boîtier est capable de couper les machines automatiquement pour éviter l’accident ou le suraccident, par exemple, si un agriculteur se fait éjecter de son tracteur » 

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La prévention au cœur du dispositif 

Ce boitier s’inscrit aussi dans une démarche de prévention en détectant les situations à risque, grâce à la collecte de nombreuses données géolocalisées sur les hommes et les machines. « Notre boitier peut mesurer pas mal de facteurs de risque, comme l’exposition au bruit, aux vibrations, à la chaleur ou les vitesses élevées. Croisé à la géolocalisation, cela permet de donner au chef d’exploitation des cartes avec des zones rouges dans lesquelles ses travailleurs sont surexposés à certains facteurs de risques. Il peut alors mettre en place des mesures correctives. » 

La quatrième fonction porte sur la sensibilisation, en envoyant des notifications de sécurité « pour éviter un risque imminent », ajoute Eliot Dupré. « Si un travailleur est en train de sortir un chariot élévateur alors qu’il y a un risque d’orage ou de vent, nous lui envoyons un point sécurité pour le prévenir d’un risque de renversement. » 

Lancement d’abord en Nouvelle-Aquitaine 

Les premiers tests en conditions réelles menés dans une exploitation en grandes cultures et en viticulture dans le Grand Est se sont révélés concluants et Surus Connect commence tout juste sa commercialisation, de son boitier d’abord auprès de viticulteurs et des ETA et CUMA de la région Nouvelle-Aquitaine, où est basée Surus. « Nous comptons sur ces premiers clients pour démontrer l’efficacité de notre outil et sa capacité à diminuer le nombre d’accidents, souligne Eliot Dupré. À terme, l’ambition serait d’aller au-delà de la France, en Europe et pourquoi pas en Amérique du Nord, où les enjeux sont les mêmes. »  

Lire aussi : Priscilla Rozé-Pagès et Antoine Coutant (AgriLife Studio) : « Notre but est de dérisquer les projets de nos start-up à impact afin de réussir leur première levée de fonds » 

Avec un abonnement de 30€ par travailleur et par mois, la stratégie du fondateur sera aussi « d’aller voir tous ceux qui ont un intérêt économique à faire diminuer le nombre d’accidents, comme les assureurs et les complémentaires, afin de les convaincre de prendre en charge une partie, voire la totalité, de ce coût ».  La start-up envisage une levée de fonds dans les deux prochaines années.