À l’occasion du 30e congrès de la Coordination rurale (CR) le 5 décembre, sa présidente nationale Véronique Le Floch a dénoncé l’« accaparement » des terres, estimant que « l’on veut sortir les agriculteurs de leurs terres », préparant ainsi « la fin du droit de propriété ». Selon Mme Le Floch, cet accaparement transparaît en premier lieu dans le projet de loi sur la Restauration de la nature, sur lequel le Parlement européen et les États membres de l’UE sont parvenus à un accord en novembre. « Les auteurs de cette proposition de loi estiment que la restauration des tourbières, des marais, des forêts, des landes, des prairies dégagera un bénéfice de 1 860 Mrd € pour seulement 154 Mrd € de coûts au niveau européen », rapporte la présidente de la CR. Et de s’interroger sur la faisabilité d’une telle mesure « sachant que cela revient à près de cinq années de chiffre d’affaires agricole de l’Europe ».
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Autre dispositif dénoncé, celui de la Stratégie Ecophyto 2030, qui « évoque le droit de préemption dans les zones de captage d’eau », selon la CR. « Il ne faut pas réfléchir longtemps pour comprendre qu’ils nous opposeront la protection de l’environnement et du climat comme nécessité publique », dénonce Mme Le Floch, évoquant la possibilité de « remettre en cause » le droit de propriété « lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige ». Outre l’accaparement du foncier, la CR s’inquiète de l’accaparement des données qui s’avère « un danger imminent et achèvera notre asservissement si nous ne réagissons pas », prévient Mme Floch. La semaine passée, le syndicat agricole a d’ailleurs contesté, dans sa contribution à la stratégie Ecophyto 2030, l’obligation du registre électronique pour les produits phytos à partir du 1er janvier 2026.