18 mois après une croissance externe majeure, Syral continue à investir avec une enveloppe de 160 millions d’euros sur trois ans pour mieux accompagner ses clients à partir de ses cinq sites européens. Le n°3 européen de l’amidon, filiale du groupe Tereos, a présenté ce plan le 4 juin en inaugurant une nouvelle tour de séchage et un nouveau centre de recherche appliquée sur son site de Marckolsheim (Bas-Rhin) en présence de sa clientèle européenne. Dans son nouveau périmètre, Syral a dégagé un résultat net supérieur à ses prévisions et cherche à l’améliorer encore malgré le ralentissement d’activité chez certains clients.
Beaucoup de chemin a été parcouru depuis le démarrage du site alsacien en 1993 par Jungbunzlauer pour produire des sirops de glucose, la création trois ans plus tard de Syral entre ce groupe autrichien et Union SDA pour extraire de l’amidon de maïs, puis l’absorption de Staral suite au retrait de Jungbunzlauer, désireux de se recentrer sur l’acide citrique dans son propre site de Marckolsheim. Syral a ainsi fait passer son chiffre d’affaires de 40 à 160 M EUR entre 1998 et 2003 ; devenu ensuite filiale de Tereos et d’une demi-douzaine de coopératives céréalières, Syral a racheté en 2007 cinq usines de Tate &Lyle (ex-Amylum) pour réaliser aujourd’hui 1,3 milliard d’euros et dégager un EBITDA de 125 M et un résultat net de 52 M EUR.
« L’esprit d’une start up »
Syral est devenu le navire amiral du pôle transformation de céréales du groupe Tereos qui comprend aussi une production d’alcools de grain pour les spiritueux et de bioéthanol. Tout en conservant « l’état d’esprit d’une start-up », selon son directeur général Pierre-Christophe Duprat, sa stratégie est de procurer les meilleurs débouchés à 4 millions de tonnes de céréales, sachant que ses coopératives partenaires en collectent plus de 15 MT soit 25 % de la production française.
En amidonnerie-glucoserie, Syral se situe avec une production de 1,8 million de tonnes de produits finis au 3e rang en Europe derrière Cargill (2,6 MT) et Roquette (2,3 M) et revendique une part de marché de 17 %, et quelques positions de n°1 ou 2 pour certains ingrédients amylacés et polyols, … Ses fabrications vont de l’amidon natif à ses dérivés sucrants (sirops de glucose, maltodextrines, sorbitol, maltitol,…), et comprennent aussi 180 000 m 3 d’alcools de grain et d’éthanol, 850 000 t de co-produits (pour l’alimentation animale, les engrais, le biogaz,… soit 20 % du chiffre d’affaires !) et 200 000 t de protéines à haute valeur ajoutée (germes de maïs, gluten de blé,…). Ses six usines (Aalst en Belgique, Nesle dans la Somme, Marckolsheim, Greenwich, Saragosse et Saluzzo en Italie) emploient 1360 personnes.
Les produits et ingrédients de Syral sont destinés principalement aux industries alimentaires (61 %), à la chimie verte et la pharmacie (17 %) et au secteur papier-carton et emballage (9 %).
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Adapter l’outil industriel
Aujourd’hui l’entreprise est confrontée à une situation concurrentielle accrue du fait de la nouvelle OCM sucre qui a pour effet de faire baisser le prix du saccharose. Pour adapter son outil industriel à la capacité du marché (les volumes baissent d’environ 5 % dans l’alimentaire du fait de la crise économique), Syral a décidé de fermer l’outil de Greenwich en septembre et de le remplacer par une plateforme logistique à Daventry et d’arrêter la production d’isoglucose à Saragosse en octobre pour y développer un portefeuille plus large de produits. Mais les investissements induits, inscrits dans l’enveloppe annoncée de 160 M EUR, comportent aussi des augmentations de capacité, ainsi sur le site de Nesle, où un nouvel atelier produit depuis un an des protéines élaborées et où un atelier de glucoses alimentaires sera opérationnel en juillet. Syral a également investi dans deux distilleries alimentées par des amidons et des solubles : à Aalst pour produire du bioéthanol, et à Saluzzo où la capacité de la distillerie d’alcools surfins a été multipliée par trois. A Chevrières, l’atelier de fructo-saccharides a vu sa capacité doubler en fonction des besoins croissants du marché des ingrédients santé, et pour assurer le développement d’Actilight. De plus, au plan commercial, l’entreprise a ouvert son premier bureau commercial pour l’Asie et l’a implanté l’an dernier à Hong Kong. Enfin à Marckolsheim, qui a déjà bénéficié depuis l’origine de 260 M EUR d’investissements, 15 M EUR viennent d’être consacrés à une deuxième tour de séchage de maltodextrines démarrée fin 2008, dans le but de répondre en particulier à la croissance du marché de la nutrition infantile et clinique.
« Notre stratégie ne peut consister à rechercher la croissance des volumes mais à nous redéployer sur des produits à plus forte valeur ajoutée, avec des fonctionnalités supérieures », affirme Pierre-Christophe Duprat.
La recherche crée des emplois
C’est pourquoi Syral a accru aussi son potentiel de R&D : le site de Marckolsheim avait intégré dès sa création une équipe de recherche et développement qui vient d’être renforcée. Alors que subsiste à Aalst une équipe dédiée à la mise au point de nouveaux produits et procédés, Syral a décidé de réunir à Marckolsheim toute l’équipe de « recherche et développement applications produits », ainsi que des pilotes de laboratoire ouverts aux clients pour réaliser l’ensemble des études et des développements. La construction d’un nouveau bâtiment équipé d’un laboratoire d’analyse a été achevée à proximité du site de production. Le coût total de cet investissement s’élève à 1,5 M EUR. La création de ce pôle s’accompagnera de dix nouvelles embauches d’ingénieurs et de techniciens. Au total, Syral a recruté, ces derniers mois, une quarantaine de personnes en Alsace et emploie désormais 300 personnes à Marckolsheim.