Abonné

Taxes américaines : Bruxelles se prépare à déclencher les contremesures

- - 3 min

La menace de Donald Trump d’imposer à l’UE un droit de douane de 30 % au 1er août a fait réagir la Commission européenne. Ce coup de pression l’a poussée à envisager des contremesures qui toucheraient le secteur agroalimentaire. Une situation qui inquiète la filière vin européenne.

La menace se précise. Donald Trump a finalement annoncé, le 12 juillet, son intention d’imposer de droits de douane de 30 % pour les produits de l’UE. Maintenant qu’elle a reçu sa lettre de mise en demeure, Bruxelles se prépare à toutes les éventualités. Si l’obtention d’une solution négociée avant la date fatidique du 1er août reste sa priorité, la Commission européenne envisage à présent des mesures de rééquilibrage. « Il faut deux mains pour applaudir », a ainsi déclaré, le 14 juillet en marge du Conseil Commerce, Maros Sefcovic, le commissaire européen en charge du dossier. Par conséquent, l’exécutif européen a présenté le même jour aux États membres une nouvelle liste de 72 milliards d’euros (Md€) de marchandises américaines que l’UE pourrait cibler dont 6,3 Md€ d’euros pour les importations agroalimentaires.

Lire aussi : Taxes américaines : nouvelle escalade, Bruxelles « prête » à riposter

Selon un projet de texte obtenu par Agra, le soja, la viande, les fruits et légumes ou les fruits à coque pourraient notamment être affectés. Les boissons alcoolisées (spiritueux, vins, bourbon), dont la présence dans une première liste de sanctions au printemps avait pourtant suscité la controverse, sont également présentes dans cette nouvelle liste. Pour pouvoir être mise en œuvre, elle doit encore être examinée et validée par les États membres. « Cela n’épuise pas notre boîte à outils et tous les instruments restent sur la table », a indiqué le commissaire slovaque au sujet des négociations en cours. Une liste distincte d’importations américaines d’une valeur de 21 Md€ est déjà prête à être actionnée dès le 6 août.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Vin mauvais

Mais l’exécutif européen prévient qu’aucune contremesure ne sera appliquée d’ici le 1er août. Les contacts avec l’administration américaine se poursuivent. « Nous pensons qu’un accord de principe est à portée de main », a rappelé le 15 juillet, le porte-parole de la Commission européenne au Commerce. À cette fin, Maros Sefcovic s’est rendu à Washington pour échanger avec ses homologues Howard Lutnick et Jamieson Greer.

Une perspective de hausse des droits de douane qui inquiète particulièrement la filière vitivinicole européenne dont les États-Unis sont le principal débouché. « Une hausse à 30 % des droits de douane, c’est entre 2 et 2,3 Md€ de vins qui ne seraient plus exportés vers les États-Unis. Les conséquences seraient dramatiques sur l’ensemble de la chaîne », alerte le président de l’Arev (régions viticoles européennes), Franck Leroy. La filière appelle donc à la prudence mais aussi à l’exclusion des vins et spiritueux des mesures de rétorsion. C’est ce que réclame Samuel Masse, président de la Cevi (vignerons indépendants européens), mais aussi le CEEV (entreprises vins de l’UE) qui exhorte Bruxelles « à veiller à ce que le vin et les vins aromatisés restent partie intégrante du paquet de négociations avec l’administration américaine ».