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Tereos : médiation à venir entre la coopérative et ses frondeurs

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Le groupe sucrier Tereos a annoncé, sur suggestion de la présidente de la FNSEA, qu’il souhaitait engager une « médiation » avec trois betteraviers frondeurs exclus de la coopérative parce qu’ils contestaient sa stratégie. Des élections anticipées sont aussi prévues.

« J’ai échangé ce matin (NDLR : le 29 août) avec Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA qui souhaite un apaisement au plus tôt. Je partage cette volonté d’apaisement et nous allons engager une médiation », a déclaré François Leroux, président du conseil de surveillance du premier groupe sucrier français, au magazine spécialisé Le Betteravier français. « Le président du conseil de surveillance de Tereos souhaite engager une médiation », a confirmé à l’AFP un porte-parole du groupe, le 5 septembre. Henri Nallet, le président du Haut conseil de la coopération agricole (HCCA), a pour cela été sollicité, d’après un communiqué le lendemain.

L’intervention de Christiane Lambert

« Christiane Lambert m’a fait part de sa préoccupation relative à l’exclusion de la coopérative des trois planteurs et aux incidences sur les débouchés de leurs betteraves. Je lui ai confirmé que leurs betteraves seraient bien achetées et transformées pour la campagne 2018 », a ajouté M. Leroux dans le magazine, mettant en avant la « bonne volonté » et « l’esprit constructif » du groupe. Affirmant avoir toujours voulu gérer la coopérative « dans l’intérêt de ses adhérents », il a déploré, de la part des trois betteraviers, également membres du conseil de surveillance de Tereos, de « fausses polémiques dans le seul but de faire de la politique ».

Depuis plusieurs mois, Tereos, union de coopératives devenue au printemps dernier une coopérative unique, subit les soubresauts d’une profonde crise de gouvernance. Fin juillet, 70 élus (sur 73) de 3 parmi 6 régions, représentant 7 500 des 12 000 coopérateurs et 5 usines sucrières des Hauts de France, ont démissionné en bloc pour dénoncer une « gouvernance défaillante » et demander plus de transparence sur la gestion, en mettant en cause l’absence de résultat de la diversification internationale du groupe.

Des assemblées en décembre

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« Tereos est l’entreprise qui a cette année le mieux payé les betteraves », se défend M. Leroux, qui estime « très bons » les résultats de la diversification, à l’heure où la betterave en Europe est en crise, sur fond de déprime prolongée des cours du sucre. Il a également fait valoir que les trois coopérateurs ont « pris et porté toutes les décisions stratégiques du groupe depuis 15 ans » avant de « soudainement » renier la conduite de ce dernier.

La coopérative a aussi annoncé le 6 septembre des élections anticipées. « Le conseil de surveillance de Tereos a pris la décision d’organiser dès décembre 2018 plutôt qu’en juin 2019 les assemblées qui désigneront les titulaires des mandats de conseillers de région qui ne sont plus pourvus depuis les démissions survenues en juillet », selon un communiqué.

Le 5 septembre, Gilles Bollé, l’un des trois betteraviers frondeurs, a indiqué à l’AFP qu’il n’avait « pas de nouvelle » pour l’instant de cette procédure de médiation. De son côté, la CGB (betteraviers), qui a eu des échanges « pas très courtois » avec Tereos dans cette affaire, prévoit de rencontrer « dans les prochains jours » des représentants de la coopérative, a indiqué le 6 septembre à Agra Presse le président Éric Lainé. Le syndicat veut « apaiser » ses relations avec le groupe sucrier. Et « parler de la réintégration » des trois exclus.

« Je partage cette volonté d’apaisement » de la FNSEA, affirme François Leroux (Tereos)