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Terrena tient bon face à la crise sanitaire

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Alors que l’exercice 2020 approche de son terme, la coopérative basée dans l’Ouest tire un premier bilan positif de cette année marquée par une crise sanitaire sans précédent. Les filières différenciées, Nouvelle Agriculture, bio et Siqo, tirent plus que jamais leur épingle du jeu.

« Résilience », le mot est revenu de nombreuses fois dans la bouche des dirigeants de Terrena, lors de la conférence de presse du 20 octobre, pour qualifier l’activité de la coopérative lors de cette année 2020 atypique. « À date, la trajectoire est convenable et satisfaisante au vu de la crise sanitaire traversée et des récoltes estivales en baisse de 30 % en moyenne. Sans ces deux événements, nous serions largement aux résultats prévus », se félicite Olivier Chaillou, le président de la coopérative, qui étend son territoire de la Normandie au Poitou-Charentes. Pour confirmer ce constat, Terrena doit maintenant passer la période des fêtes de fin d’année, qui représente un pic d’activité pour de nombreuses filières de la coopérative.

La polyvalence a atténué l'impact de la crise

Alors même que la deuxième vague n’a pas encore atteint son paroxysme, la direction estime un surcoût lié aux mesures sanitaires de 5 à 6 M€ depuis le début de l’année, notamment en équipement de protection pour les salariés. À cela s’ajoute une baisse des cadences dans les outils industriels pour respecter les consignes sanitaires. « Nous avions trois à quatre semaines de retard en jeunes bovins chez Elivia, mais nous avons privilégié le ramassage des animaux des adhérents. La coopérative a servi d’amortisseur pour les agriculteurs », rapporte Olivier Chaillou. Face à ces différents impacts économiques, il évoque la polyvalence de Terrena pour expliquer la traversée réussie de cette délicate année 2020. « C’est important d’avoir ce socle résilient bien réparti entre nos cinq activités : la volaille (22 %), le pôle bovin/porc (22 %), le végétal spécialisé (18 %), l’amont (14 %) et les alliances (26 %). » Le positionnement multi-sectoriel de la coopérative a notamment permis de compenser la perte de débouchés sur la restauration collective et commerciale pendant le confinement par l’augmentation des ventes à la distribution. L’ancrage sur le marché hexagonal est un autre aspect qui a permis à la coopérative de tirer son épingle du jeu. « Même si nous sommes présents à l’export, nos débouchés restent très franco-français. Cela nous offre une meilleure résistance dans les périodes difficiles », précise le président de la coopérative.

La politique de filières différenciées a également porté ses fruits pendant la crise sanitaire. « En volaille, les produits bio, Siqo (signe de qualité, NDLR) et Nouvelle Agriculture, se sont très bien comportés. Nous avons également été très heureux de lancer les œufs Nouvelle Agriculture durant cette période. Sur ce produit, nous avons eu un référencement comme nous ne l’avions jamais connu auparavant », analyse Alain le Floch, le directeur de Terrena.

Des résultats 2019 à la hauteur des espérances

Si Terrena a pu passer la première vague de la Covid-19 et du confinement sans trop de vagues, c’est aussi grâce à la dynamique enclenchée durant l’année 2019. « Nous affichons des résultats financiers en amélioration et en adéquation avec le budget », se félicite Olivier Chaillou. La coopérative (activités amont-aval) affiche ainsi pour 2019 un chiffre d’affaires de 1,77 Mrd€ (contre 1,70 Mrd€ en 2018) et son résultat net atteint 5,2 M€. En 2018, ce résultat pâtissait encore de l’épisode Doux, et s’affichait négatif à hauteur de 14 M€. À l’échelle du groupe agroalimentaire (y compris la transformation), le chiffre d’affaires atteint 4,86 Mrd€ (contre 4,88 Mrd€ en 2018), avec un Ebitba de 105 M€(contre 99 M€ en 2018).

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Les filières différenciées, qui ont bien fonctionné durant le confinement, étaient déjà dans une dynamique positive en 2019. À la fin de cet exercice, elles représentaient 27 % du chiffre d’affaires de Terrena. La coopérative indique une croissance des ventes de 20 % pour la Nouvelle Agriculture avec l’arrivée de nouveaux produits tels que la pintade et les épinards. Les filières bio affichent, elles, une croissance de 14 % des ventes. « En farine bio, nous avons enregistré une hausse des ventes de 30 % contre 8 % pour le marché français », souligne Alain Le Floch. Les investissements 2019 ont eux aussi poussé dans le sens des filières différenciées. L’exercice a vu le lancement du projet de nouvel abattoir de volailles à Ancenis pour un montant de 43 M€. « Nous avons le permis de construire. C’est un outil qui doit revitaliser le bassin de production avec des produits à haute valeur ajoutée », détaille Olivier Chaillou. L’abattoir a également été pensé pour améliorer le bien-être animal avec des quais de déchargement intérieurs à température ambiante. « Sur cet outil, l’accent a aussi été mis sur le rendement matière, afin de valoriser au maximum la protéine », précise Alain Le Floch.

La coopérative a servi d’amortisseur pour les agriculteurs

Lancement du projet de nouvel abattoir à Ancenis

Un nouveau directeur général qui fait bouger les lignes

Depuis son passage de Vivescia à Terrena en septembre 2019, Alain Le Floch a entrepris de remodeler les directions de la coopérative implantée dans l’Ouest. « J’ai créé une direction végétale et une direction animale pour rechercher toujours plus d’excellence dans chacune de ces productions », explique-t-il. Mais le changement le plus notable est à noter sur le volet ancrage de la coopérative. « L’occupation territoriale de Terrena donne un certain nombre de devoirs et d’opportunités. J’ai créé la direction du développement agricole pour s’inscrire dans le paysage de la région », souligne Alain Le Floch. Concrètement, ce nouveau département a pour fonction « d’éclairer la route » et de réfléchir à de nouveaux projets. Mais aussi de travailler sur des sujets environnementaux, telle que la décarbonation.