La consommation mondiale de vin ne régresse plus mais a amorcé depuis dix ans une lente progression, avec une hausse moyenne de 0,5% par an, selon l’OIV (Organisation internationale de la vigne et du vin). Les Etats-Unis sont en passe de devenir le premier pays consommateur à la place de la France qui, de deuxième exportateur, a été reléguée au troisième rang par l’Espagne.
En 2005, l’estimation moyenne de la consommation de vin dans le monde s’établit à 235,6 millions d’hectolitres, soit une faible progression de 0,1% par rapport à 2004, indique la dernière étude publiée par l’Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). Mais la régression de la consommation, qui était notable jusqu’au milieu des années 90, semble être du passé, se félicite Federico Castellucci, directeur général de l’OIV, qui envisage pour 2006 une nouvelle hausse de 1 million d’hectolitres.
La France, malgré une nouvelle baisse de 1,6% en 2005, reste le principal pays consommateur (32,6 Mhl), soit environ 55 litres par habitant et par an, devant l’Italie (27,6 Mhl, -2,5%), les Etats-Unis (25,4 Mhl, +3,3%) et l’Allemagne (19,6 Mhl, +0,2%).
Etats-Unis bientôt premier consommateur
Les Etats-Unis devraient détrôner la France comme premier pays consommateur de vin en 2008, selon une étude du cabinet britannique ISWR/DGR. La consommation américaine devrait alors atteindre 27,66 millions d’hectolitres, soit 28,6% de plus qu’en 2003, devançant d’une courte tête l’Italie (27,2 Mhl) alors que la France passerait à la troisième place (26,9 Mhl).
Outre les Etats-Unis, la consommation est principalement tirée par les pays non producteurs comme ceux de l’Europe du Nord et la Grande-Bretagne, souligne le directeur de l’OIV, qui compte 41 membres. « En Grande Bretagne et aux Etats-Unis, se félicite-t-il, on voit avec plaisir que les gens s’approchent de plus en plus du vin, au détriment de la bière ».
En revanche, pour la production, l’Italie a devancé d’une courte tête la France en 2005 (50,556 Mhl contre 50,550 Mhl). L’Espagne, qui n’a enregistré qu’une petite récolte, figure à la troisième place (35,3 Mhl) devant les Etats-Unis (23,5 Mhl) dont la rapide progression (+17%) se poursuit.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Les autres pays du « Nouveau Monde » ont, à l’exception du Chili (7,88 Mhl, +25%), stagné comme l’Argentine (15,22 Mhl) et l’Australie (14,0 Mhl), ou même régressé comme l’Afrique du Sud (8,31 Mhl) et la Nouvelle-Zélande (1,02 Mhl).
L’Espagne ravit à la France le rang de 2ème exportateur
La perte d’influence de la France se fait surtout sentir dans le domaine des exportations où elle est tombée en 2005 au troisième rang des volumes exportés (13,9 Mhl) derrière l’Italie (15,1 Mhl) et l’Espagne (14,1 Mhl) qui lui ravit la deuxième place.
Les exportations dans le monde se sont élevées en 2005 à 78,7 Mhl, soit une hausse de 3% par rapport à 2004, en ligne avec le rythme moyen au cours des dernières années (+3,4%).
La part des cinq premiers exportateurs de l’Union européenne (Italie, Espagne, France, Allemagne, Portugal) ne cesse de régresser et est tombée en 2005 à 62,1% du total du commerce mondial du vin, contre plus de 75% il y a 20 ans.
Par contre, celle des pays de l’Hémisphère Sud (Argentine, Chili, Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande) et des Etats-Unis ne cesse de grimper et atteint désormais 25,5% du total contre un maigre 1,6% au début des années 80. Les pays de l’Europe de l’Est et du Maghreb ont vu leur part chuter de 14,1% à 3,3%.