La hausse du prix des matières premières agricoles a fortement pesé sur les coûts de production des éleveurs en 2007 et 2008. Pour éviter qu’une telle situation se reproduise à l’avenir, le pôle animal de Coop de France a organisé un débat lors de son assemblée générale, pour trouver des solutions à une meilleure organisation des filières. Les investissements en recherche et la limitation des distorsions de concurrence ressortent comme les principaux leviers d’action.
Après une campagne 2007/2008 marquée par la flambée du cours des matières premières et la hausse des coûts de production en élevage, le pôle animal de Coop de France (réunissant les sections bétail et viande, aviculture et nutrition animale) a orienté les débats de son assemblée générale autour de la question de la compétitivité des filières animales. L’objectif étant de trouver des pistes pour renforcer les filières et qu’ainsi tous les maillons soient gagnants. La concentration des entreprises en cours est bien sûr une solution. Pour Gérard Budin, président de la FNCL (Fédération nationale des coopératives laitières), « le plus gros handicap est le manque d’organisation pour commercialiser des volumes importants ». D’après lui, la concentration des coopératives sera d’autant indispensable que la Pac va disparaître. Pour le directeur général d’InVivo, dont la coopérative vient de racheter le fabricant d’aliment pour bétail Evialis, « ces opérations de rapprochement ont pour avantage de permettre un meilleur financement des cellules de recherche et développement indispensable à la rentabilité des filières ».
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Autoriser les OGM et les farines animales
Les acteurs de la production animale réunis par Coop de France ont insisté également sur la nécessité de limiter les distorsions de concurrence. « Il est urgent que les obstacles liés aux importations d’OGM soit rapidement levés au plan communautaire. En effet le rapide développement mondial d’OGM non encore autorisés au niveau européen fait peser une menace sur notre capacité d’approvisionnement, notamment en soja », a souligné Jean-Luc Cade, président de Coop de France nutrition animale, dans son discours de conclusion. « La compétitivité de l’agriculture doit aller du végétal à l’animal ; en refusant les OGM ou les pesticides, la compétitivité des grandes cultures en pâtit et, au final, je crains que ce soient les productions animales qui, en bout de chaîne, souffrent le plus », a développé Michel Boucly, directeur engagements et développement de Sofiprotéol. Dans le même registre, de nombreux professionnels appellent un retour des farines animales dans la formulation des aliments pour bétail. Seulement, que ce soit pour les OGM, les pesticides ou les farines, un long travail de communication auprès du grand public sera nécessaire.