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Tomate/Sahara occidental : l’AOPn s’inquiète d’un manque de contrôle

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Les producteurs français réclament la mise en œuvre des décisions concernant la production du Sahara occidental. Ils devraient rencontrer la Commission européenne pour poser leurs revendications.

Dans un communiqué de presse le 25 novembre, l’AOPn Tomates et concombres de France s’est inquiétée de l’attitude de la Commission européenne vis-à-vis des importations de tomates marocaines et des récentes décisions concernant celles produites dans le Sahara occidental. D’ici un an, les produits agricoles de cette région ne bénéficieront plus des conditions douanières de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Maroc, et devront être étiquetés. Relatant une séance de la commission Agriculture du Parlement européen (18 novembre), elle estime que « le représentant de la Commission européenne n’a pu donner aucune garantie concernant le contrôle des importations en provenance du Maroc », pour savoir s’ils proviennent ou non du Sahara occidental. Selon l’AOpn, la Commission européenne aurait répondu que « le marché n’est aucunement perturbé, ni par les tomates en provenance du Sahara occidental ni par celles en provenance du Maroc ».

Etiqueter le produit dès maintenant

« Il y a les paroles et les actes, explique Pierre-Yves Jestin à Agra Presse, nouvellement élu à la présidence de l’AOpn Tomates et concombre de France. Les décisions prises par la Cour de justice européenne n’amènent pas de commentaires, même si elles sont susceptibles de protéger une production européenne, et française, malmenée par le contexte géopolitique ». L’inquiétude des producteurs porte que l’effectivité des décisions : « Il faut désormais mettre en application ces décisions », poursuit Pierre-Yves Jestin, « Dès maintenant, les tomates issues du Sahara occidental doivent être étiquetées comme telles sur les étals de nos magasins ».

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Les producteurs français de tomates et leurs homologues espagnols devraient avoir un rendez-vous auprès de la Commission européenne ces prochaines semaines. Ils mettront avant leurs revendications : retour à un équilibre des importations basé sur la saisonnalité, droits de douanes rééquilibrant l’écart de prix en rayon et permettant de faire la distinction entre les tomates de petit calibre (moins de 47 mm de diamètre) et les tomates rondes. Légumes de France (production) et Felcoop (coop) ont rencontré en septembre leurs homologues marocains en septembre et commencer à échanger. « Un dialogue constructif est nécessaire. La porte de l’l’AOPn est ouverte », indique Pierre-Yves Jestin. Selon les chiffres de l’AOPn, sur la saison 2022-2023, 424 690 tonnes de tomates marocaines ont été importées en France, pour 394 740 tonnes en 2021-2022, soit une augmentation de 7,6 %. En valeur, cette augmentation est de plus de 168 millions d’euros (+ 27, 5 %).

Sur 2022-23, + 7,6 % de tomates marocaines importées.