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Oléagineux Toujours plus haut

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Si les céréales mobilisent l’attention, les oléagineux ne sont pas en reste. En colza, les cours ont franchi ces dernières semaines la barrière des 400 euros/tonne, tandis que le tournesol poursuit sa progression. L’offre mondiale est en baisse par rapport à l’an passé. Et, parallèlement, la demande augmente. Ce scénario ne semble pas prêt de s’inverser.

Semaine après semaine, les cours du colza poursuivent leur ascension. Les prix ont franchi la barre des 400 euros/tonne mi-décembre sur le Fob Moselle. Le tournesol n’est pas en reste, puisque les cours se rapprochent tranquillement mais sûrement des 500 euros/tonne, une somme atteinte durant quelques jours fin septembre. Rappelons que jusqu’en juin, les cours de ces deux oléagineux ne dépassaient pas les 300 euros/tonne, des prix que les opérateurs jugeaient pourtant déjà très corrects. Que se passe-t-il ? La production mondiale de soja, principale plante oléagineuse cultivée sur la planète en dehors du palmier à huile, est en baisse par rapport à 2006 : 221,6 Mt selon le département américain de l’Agriculture contre 235,6 Mt en 2006.

Le biodiesel toujours moteur de hausse en Europe

Aux Etats-Unis, premier producteur mondial, la récolte a baissé de 19 % par rapport à l’an passé. Les farmers se sont laissé séduire par le maïs, dont les prix se sont emballés du fait du développement de l’éthanol. Et au Brésil, second géant du soja, la production ne gagnerait que 3 Mt pour atteindre 62 Mt. Dans le même temps, les besoins mondiaux en huile progressent, en soja, mais également en palme ou en colza. Selon les spécialistes, la demande a augmenté de 20 % sur quatre ans. Ce qui se traduit directement sur les prix. A Rotterdam, les cours des huiles ont gagné, entre novembre 2006 et 2007, 38 % en soja, 52 % en palme et 16 % en colza. Les biocarburants tirent le marché. Tout particulièrement dans l’Union européenne, où le biodiesel continue de se développer. « 30 % des huiles produites en Europe sont utilisées pour le biodiesel », indiquait Aurore Le Chatelier, trader chez Union InVivo, le 5 décembre aux journées de l’Aftaa (Association française des techniciens de l’alimentation et des productions animales).

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Le colza en substitut du tournesol

Cette année, l’Union doit en plus faire face à une hausse de la demande en huile de colza destinée à la consommation humaine. Car elle est confrontée à une réduction de la récolte de tournesol, donc des disponibilités en huile. La production n’atteindrait que 1,9 Mt sur la campagne 2007/2008 contre 2,366 Mt la campagne précédente. L’huile de colza sert donc de substitut.

Rien ne dit que la situation va se détendre sur la campagne prochaine. En France, par exemple, les surfaces de colza doivent baisser de 6 %, selon le Scees (Service central des enquêtes et études statistiques). Et au niveau mondial, les disponibilités pourraient s’amenuiser si les incorporations de biodiesel se généralisent au Brésil et en Argentine.