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Transport d’animaux : manque flagrant de moyens pour les contrôles

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La commission d’enquête du Parlement européen sur les conditions de transport des animaux d’élevage constate, au fil de ses travaux, le manque d’outils et de moyens financiers à la disposition des services vétérinaires européens pour assurer la bonne mise en œuvre de la législation de l’UE en la matière.

Avant même parler de renforcement de la législation sur le bien-être des animaux – comme pourrait le proposer la Commission européenne d’ici quelques mois dans le cadre de la stratégie de la Ferme à la table –, déjà faut-il veiller à la bonne mise en application des règles existantes. C’est ce que constatent audition après audition les eurodéputés de la commission d’enquête parlementaire sur la protection des animaux pendant le transport qui poursuivaient leurs travaux le 1er février avec échanges sur les contrôles vétérinaires.

Les vétérinaires interrogés ont fait état de manquements évidents à la législation mais aussi du manque de moyens dont ils disposent et des pressions et tentatives de corruption dont ils peuvent aussi parfois être victimes.

Des temps de transport de plus en plus longs

Alexander Rabitsch, vétérinaire et ancien inspecteur du bien-être animal, a témoigné des difficultés, souvent techniques, pour faire respecter le bien-être des animaux pendant leur transport : « Des veaux peuvent être embarqués pendant plus de 33 heures sans être nourris car ce n’est pas possible de la faire dans un camion. Et sortir les animaux sur les sites de repos en cours de voyage peut s’avérer plus stressant pour eux que de les laisser dans les camions. » Mais selon lui, un grand nombre de camions ne respectent pas non plus certaines règles comme la nécessité d’être équipés d’installations d’abreuvement adaptées. Des équipements qui ne sont de toute façon presque jamais inspectés de manière approfondie dans les lieux de chargement.

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Ces vétérinaires demandent donc à avoir accès à des outils de suivi des données de transports en temps réel et standardisés ce qui n’existe pas aujourd’hui. « Mon impression, c’est que les périodes de transport des animaux sont de plus en plus longues et de plus en plus nombreuses », déplore un autre spécialiste, Gunter Pannwitz.

Un système de suivi et de rapport strict et transparent pour veiller à ce que les violations systématiques soient effectivement identifiées et prévenues ainsi que des normes minimales spécifiques à chaque espèce, fondées sur des données scientifiques. C’est ce que propose, dans un livre blanc publié fin janvier, l’Eurogroup for animals. Mais, admet la direction générale de la Santé, elle ne dispose que de « ressources limitées, tant en termes de développement de systèmes qu’en termes d’audit ».