Rien de moins que trois ministres sont venus s’exprimer lors du congrès de France nature environnement à Strasbourg, le 28 mars. Intitulée « Quels territoires pour demain ? », la manifestation a fait salle comble. Le Grenelle et ses suites ont largement dominé le débat.
Si certains en doutaient, ils peuvent s’en convaincre : les associations environnementales, et tout particulièrement France nature environnement (FNE), ont acquis une vraie légitimité avec le Grenelle de l’environnement. Trois ministres sont venus s’exprimer devant les congressistes, réunis le 28 mars à Strasbourg. « C’est la première fois qu’un ministre de l’Agriculture participe » à ce congrès, a souligné Michel Barnier, dans son allocution d’ouverture. Placé sous le signe des territoires, le congrès de la fédération n’a pas pu éviter le Grenelle. Le sujet a occupé une bonne partie des débats, même s’il n’était probablement pas la priorité de tous les adhérents de la structure.
Première lecture de la loi Grenelle avant l’été
« 2007 s’est distingué par un mouvement de rupture », a affirmé Nathalie Kosciusko Morizet, secrétaire d’état à l’Ecologie, lors de son allocution d’ouverture. Pour elle, les relations entre les pouvoirs publics et les associations environnementales ont changé de style, laissant la place à davantage de concertation. Face à l’abondance des « esprits sceptiques », Nathalie Kosciusko-Morizet a souligné le rôle de France nature environnement, qui « a aidé à contrecarrer les stratégies court terme pour convaincre tous les participants d’aller dans une dynamique que nous voulons pérenne ». La partie n’est pas gagnée pour autant. La secrétaire d’Etat a confirmé que la loi de programmation issue du Grenelle serait « au moins » discutée en première lecture avant l’été. Le travail promet d’être intense pour les députés et les sénateurs, puisque le texte compte 195 articles.
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Défiance vis-à-vis des parlementaires
Or, « personne ne doute, y compris l’exécutif, que la dernière étape n’est pas la plus simple », a signalé en conférence de presse Nicolas Hulot. Les parlementaires semblent avoir du mal à trouver leur place dans le processus. Les associations présentes au Grenelle, de France nature environnement au Medef, ont d’ailleurs publié un article le 27 mars dans le quotidien Le Monde pour faire part de leurs craintes. Présent à Strasbourg, Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux, l’a décrit comme un appel à la « responsabilité » des élus. Pour les associations environnementales, l’enjeu est d’importance : elles pourraient perdre une part de leur crédibilité nouvelle si le Grenelle n’aboutissait pas. Dans son discours de clôture du congrès, Jean-Louis Borloo, ministre du Développement durable, s’est montré en tout cas très optimiste. Selon lui, le Grenelle était déjà entré dans les faits, comme le révèle la hausse des ventes de voitures peu polluantes, l’engagement des grandes surfaces à développer les ventes de bio ou encore le gel des cultures de maïs OGM MON810.