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Turquie : une agriculture soutenue et protégée, constate l’OMC

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Septième producteur agricole mondial, la Turquie soutient ce secteur de façon « assez importante » et le protège avec des droits de douane pouvant atteindre jusqu’à 80 %, selon un rapport de l’OMC.

La Turquie, qui occupe le 7e rang mondial pour la production agricole, a enregistré en 2014 un excédent des échanges de quelque 3 milliards $ dans ce secteur pour lequel elle « maintient un soutien assez important, en tout cas comparativement aux autres pays de l’OCDE », souligne l’OMC dans son examen périodique de la politique commerciale de ce pays. L’agriculture assurait cette année-là 9 % du PIB national et 21 % de l’emploi, les importations comme les exportations ayant progressé de 48 % sur la période 2010-2014. La Turquie est surtout un grand producteur et exportateur de fruits à coque, de fruits secs et de certains légumes frais.

Des aides liées à la production

Ces dernières années, le nombre de grandes exploitations commerciales a augmenté en Turquie, même si les structures petites et familiales sont encore majoritaires. Le pays compte 3 millions d’exploitations, 38,4 millions d’hectares de terres agricoles, 14,6 millions ha de pâturages et de prairies et 21,5 millions ha de forêts, note l’OMC. En valeur, la production animale est désormais supérieure à la production végétale.

La Turquie n’ayant pas notifié ses programmes de soutien interne ou de subventions à l’exportation pour la période étudiée, l’examen par l’OMC des aides octroyées au niveau national repose avant tout sur des renseignements provenant de sources extérieures, en particulier l’OCDE. Le recours aux versements découplés a cessé en 2009 tandis que les versements basés sur la production ont augmenté, « ce qui a entraîné des distorsions ». Près de 25 milliards $ ont été alloués au titre de paiements de soutien sur la période 2003-2014. 3,2 milliards $ ont été versés en 2014 contre 2,8 milliards $ en 2011, selon le ministère de l’agriculture.

Le soutien axé sur le marché représentait 76 % du total de l’estimation du soutien aux producteurs (ESP) telle que la définit l’OCDE, contre 72 % en 2011. Il bénéficie surtout aux secteurs de la viande bovine et de la pomme de terre.

Des offices publics de commercialisation interviennent dans plusieurs secteurs (céréales, sucre, viande…) et jouent un rôle dans les échanges, la production ou la fixation des prix des produits.

Plus de 11 % du total des exportations

Le principal régime de commerce entre la Turquie et les pays tiers, en termes de volume des échanges, est celui appliqué dans le cadre de l’Union douanière avec l’UE.

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Au total, les exportations de produits agricoles de la Turquie ont atteint 17,6 milliards en 2014, soit plus de 11 % des exportations totales contre 8 % en 2008. Malgré une forte augmentation pour les produits transformés, les fruits à coque, en particulier les noisettes, restent le principal produit d’exportation, avec, toutefois, une croissance moins soutenue que celle enregistrée pour d’autres produits d’exportation traditionnels comme les agrumes, le raisin ou encore les tomates.

En 2014, les exportations de fruits à coque, frais ou secs ont atteint 1,56 milliard $, les produits de la boulangerie, de la pâtisserie ou de la biscuiterie 939 millions $, les agrumes frais ou secs 933 millions $ tout comme la farine de blé ou de méteil, les raisins frais ou secs 679 millions $.

Les principaux marchés d’exportation étaient l’UE pour les noisettes, les préparations à base de fruits à coque, les raisins et les sucreries, l’Iraq pour les produits de la boulangerie, la farine, l’huile de tournesol et la viande de poulet, la Russie pour les agrumes.

Droits de douane et contingents

Les importations de produits agricoles de la Turquie ont atteint 14,6 milliards en 2014, soit 6 % des importations totales contre 4 % en 2008. La protection tarifaire du pays s’établit en moyenne à 49 % dans ce secteur, contre seulement 5,5 % pour les produits industriels. Elle est particulièrement élevée, 80 % en moyenne, sur les produits carnés et laitiers, le sucre et les sucreries.

La Turquie applique un certain nombre de contingents à l’importation de façon autonome ou au titre d’accords de libre-échange, essentiellement pour de grandes cultures telles que le blé et le riz. Un accord avec l’UE prévoit un contingent annuel de 80 000 tonnes pour le sucre, qui est reconduit automatiquement.

En 2014, les importations de coton ont atteint 1,75 milliard $, de blé et de méteil 1,55 milliard $, d'huiles de tournesol et autres 1,2 milliard $, de fèves de soja 1,12 milliard $.

Les principaux fournisseurs étaient les États-Unis pour le coton, la Russie pour le blé, l’huile de tournesol et le maïs, le Paraguay et le Brésil pour les fèves de soja, l’Indonésie pour l’huile de palme, l’UE pour les préparations alimentaires et les graines de tournesol, le Canada pour les légumes à cosse secs.