Alors que l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur reste un sujet sensible dans le monde agricole, le « deal » entre l’Argentine et les États-Unis conclu le 5 février pourrait remettre de l’huile sur le feu de la contestation. Dans une note publiée le 13 février, le cercle de réflexion Farm Europe et l’organisation agroalimentaire Eat Europe estiment que la protection des indications géographiques de l’UE obtenue dans le cadre du traité avec le Mercosur pourrait être remise en cause car les États-Unis ont obtenu la reconnaissance de ces mêmes dénominations en Argentine comme des termes « génériques ». Dans le détail, l’accord sur le commerce réciproque entre les États-Unis et l’Argentine prévoit un engagement de Buenos Aires à ne pas restreindre l’accès au marché américain en raison de la simple utilisation des termes individuels relatifs à certains fromages et certaines viandes. Cela concerne des produits à consonance européenne comme l’asiago, le jambon de la Forêt-Noire, le brie, le camembert, le chorizo, l’Emmental, le gorgonzola, le gouda, la feta, la mortadelle, le munster, le pecorino ou encore le parmesan.
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Selon Yves Madre, président de Farm Europe, « cette évolution soulève une question fondamentale : quelle est la valeur réelle de la protection des IG prévue par l’accord UE-Mercosur si des accords bilatéraux parallèles peuvent en neutraliser l’application ? ». Par conséquent, le think tank agricole européen considère que cela alimente considérablement « les risques structurels » déjà présents dans le traité commercial. De son côté, le président de Eat Europe, Luigi Scordamaglia, estime que « si l’un des principaux signataires peut simultanément démanteler l’applicabilité concrète de la protection des IG par des concessions commerciales séparées, l’accord risque de devenir non pas un bouclier, mais une vulnérabilité ».