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UE/Australie : la crainte d’un trop-plein pour le secteur agricole

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Malgré un soutien global des eurodéputés à l’accord entre l’UE et l’Australie, plusieurs d’entre eux craignent l’impact cumulé des concessions tarifaires sur le secteur agricole. La protection des indications géographiques et les mesures de sauvegarde posent aussi question mais la Commission européenne se veut rassurante.

À l’occasion de la réunion de la commission du Commerce international du 16 avril, les eurodéputés ont eu un échange de vues avec la Commission européenne au sujet de l’accord commercial avec l’Australie. Une opportunité pour Bruxelles de prendre le pouls dans l’hémicycle au sujet du traité de libre-échange annoncé le 24 mars. Si tous les intervenants ont souligné l’importance géostratégique d’un tel accord en matière de diversification commerciale dans le contexte mondial actuel, certains ont exprimé des préoccupations quant à l’effet des concessions tarifaires accordées pour le secteur agricole. Une position déjà mise en avant par les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) au moment de la conclusion des négociations.

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« Il ne faut pas perdre de vue l’effet cumulatif des contingents tarifaires », avance justement le Roumain Daniel Buda (PPE, droite), qui représentait la commission de l’Agriculture lors du débat. Et d’ajouter que « ces concessions [avec celles déjà accordées au Mercosur] vont entraîner des contraintes supplémentaires sur un secteur agricole déjà sous pression et risquent de le rendre encore plus vulnérable ». De son côté, le centriste belge Benoît Cassart déplore le manque de cohérence, notamment pour la filière ovine, entre les ambitions d’être plus autonome et les volumes accordés à la Nouvelle-Zélande et l’Australie. Au-delà de ces quotas, la protection des indications géographiques et la mise en œuvre des mesures de sauvegarde pour l’agriculture ont également soulevé des questions de la part quelques parlementaires.

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Face à ses inquiétudes, la Commission européenne se veut rassurante. « L’accord protège les secteurs agricoles les plus sensibles et ne permettra qu’un accès limité au marché européen par la baisse calibrée des droits de douane, progressive dans le temps et qui peut être soumise à des conditions de durabilité », avance Christophe Kiener, le négociateur en chef de l’accord pour Bruxelles. « Tous les chiffres ont été calibrés à la virgule près », affirme, quant à lui, son collègue de la DG Agriculture.

Concernant les mesures de sauvegarde spécifiques aux produits sensibles, l’exécutif européen indique s’être inspiré du libellé déjà présent dans l’accord avec les pays du Mercosur. Selon lui, cela offre des garanties pour les exploitants et des moyens pour la Commission européenne pour remédier rapidement à une situation compliquée. En matière d’indications géographiques, Bruxelles se félicite d’avoir obtenu des règles permettant de différencier les IG de l’UE des produits australiens. La Commission espère, à présent, avancer rapidement pour pouvoir signer et ratifier l’accord.