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UE/Australie : nouvel échec dans les négociations commerciales

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Le Japon n’aura finalement pas été la Terre promise donnant naissance à l’accord commercial entre l’UE et l’Australie. Comme au mois de juillet, les dispositions en matière d’accès au marché pour les produits agricoles ont fait échouer les discussions. Les échéances politiques à venir des deux côtés rendent incertaine la finalisation des négociations dans un avenir immédiat.

Tout semblait prêt, mais les stylos sont finalement restés dans les poches les 28 et 29 octobre à Osaka (Japon). Les négociateurs européens et australiens n’ont pas pu parvenir à l’accord politique espéré, en marge de la réunion du G7 Commerce. Selon toute vraisemblance, ces discussions commerciales ont une nouvelle fois achoppé sur les questions agricoles.

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Pour Bruxelles, des demandes australiennes de dernière minute ont poussé les négociateurs à couper court aux réunions politiques prévues au Japon. L’objectif était d’accroître les volumes d’importation de certains produits sensibles, principalement pour la viande rouge (bovins et ovins) et, dans une moindre mesure, pour le sucre, conformément à ce que préconisaient les organisations agricoles australiennes. Des prétentions incompatibles avec la position européenne. Ces événements auraient provoqué l’étonnement de la Commission européenne, arrivée avec une large délégation à Osaka dans l’espoir de conclure. En effet, à la suite du premier échec en juillet, un nouvel élan politique paraissait avoir éclos en vue d’une conclusion rapide des négociations commerciales. À ce titre, des discussions techniques préparatoires menées depuis plusieurs semaines avaient permis des rapprochements significatifs des positions sur les sujets les plus épineux. Les contours de possibles zones d’atterrissage semblaient même avoir été définis.

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Un avenir en suspens

Pour l’heure, le flou demeure quant à la suite des pourparlers. Si la Commission européenne se dit prête à poursuivre les échanges, elle doit encore effectuer une analyse des raisons qui ont amené à cet échec. Toutefois, les échéances politiques à venir – élections européennes en juin 2024 et élections fédérales australiennes en 2025 – paraissent restreindre considérablement la fenêtre de tir. Le vice-président exécutif de la Commission européenne en charge du Commerce, Valdis Dombrovskis, a explicitement fait peser l’échec sur les exigences australiennes. « Nous avions bien progressé avec nos homologues australiens dans la perspective de notre réunion prévue à Osaka. Malheureusement, nos partenaires australiens n’ont pas été en mesure de s’engager sur la base de zones d’atterrissage préalablement identifiées. Nous n’avons donc pas pu progresser dans nos négociations sur l’accord de libre-échange. Nous avions présenté à l’Australie une offre d’accès au marché agricole commercialement significative, tout en tenant compte des intérêts du secteur agricole européen. La Commission européenne reste ouverte à la poursuite des négociations qui bénéficierait mutuellement à nos consommateurs, à nos entreprises et à nos secteurs agricoles », a-t-il indiqué. Également présent au Japon, le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, n’a pas manqué de réagir en indiquant que, « pour aller de l’avant, nous avons besoin d’attentes plus réalistes et d’une approche équilibrée qui respecte pleinement la viabilité de nos agriculteurs et la durabilité de notre système alimentaire ». Du côté australien, Don Farrell, le ministre du Commerce, s’est voulu plus mesuré, déclarant que « [son] travail consiste à obtenir le meilleur accord possible pour nos producteurs, nos entreprises, nos travailleurs et nos consommateurs ». Il ouvre néanmoins la porte au maintien du dialogue : « Les négociations se poursuivront et j’espère qu’un jour nous signerons un accord qui profitera à la fois à l’Australie et à nos amis européens ».

Les échéances électorales à venir restreignent considérablement la fenêtre de tir